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:: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] ::

 
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Lustia Von Schelle
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MessagePosté le: 11/05/2009 17:43:07    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Les bruits de pas résonnaient sous la haute voûte, échos chantant dans un silence absolu. Lustia se déplaçait d'une démarche souple et grâcieuse entre les longues rangées de livres, un épais registre rouge et noir sous le bras gauche. En tant que gérante de la bibliothèque, elle devait s'assurer du bon classement des livres et de la propreté des lieux, ce qui était fatignant pour elle, car elle était seule pour l'instant et n'avait aucun employé pour le seconder. Elle traversa encore deux rangées et s'arrêta devant le guichet de l'entrée. Elle y posa son registre, et s'assit sur le bord du bureau en poussant un soupir de soulagement. Elle avait passée toute la matinée à passer d'un étage à l'autre pour classer et ranger les livres, plus ceux laissés sur les tables par des lecteurs inconnus et trop fainéant pour aller les remettre à leur place. Elle laissa son regard glisser sur l'intérieur de sa bibliothèque, son sanctuaire. Une grande, très grande bibliothèque. La bibliothèque de la ville, source d'un immence savoir.

Le bâtiment fesait approximativement la taille d'un cathédrale, d'une grande cathédrale. L'architecture était de style gothique, mettant en valeur les arches sombres mais élégantes du plafond et des murs, ainsi que les colonnes sculptées dans un style antique se mariant avec le reste. Le sommet du plafond devait bien culminer aux alentours des vingt mètres. Des chandeliers impressionnants étaient suspendus à intervalles réguliers, à une huit et cinq mètres de la voûte décorée de gravure, une lumière diffuse émanant des globes lumineux accrochés à ces derniers. La grande salle fesait bien vingt mètres de large sur cinquante mètre de long, et était remplit sur presque toute sa longueur de rangées d'étagères croulant sous le poids de milliers de livres, trésors de ce lieu. Le guichet à l'entrée, en bois sombre, servait un peu comme un point d'info. Lustia y était quelques fois, même si elle passait la plus part de son temps entre les livres. Au fond de la grande salle se trouvait une solide porte fermée à clé, donnant accès à trois autres pièces. L'une était le bureau de la directrice, Lustia en personne. La deuxième était un petit salon confortable, avec deux fauteuils et un canapé, possédant aussi deux petites tables de chevet et une table basse pour poser bouquin ou tasse de thé. Ce salon était considéré comme une sorte de salon VIP par Lustia, lorsque des personnalités spéciales souhaitaient un peu d'intimité. La troisième pièce, assez spacieuse, était une bibliothèque annexe où étaient rangés les livres et parchemins que l'on considérait comme important, voir dangereux. Elle était fermée par un verrou magique dont la directrice portait la clé en permanance. Les balcons apparants sur les flans, recouvrant une mince partie de la grande salle, étaient les deux étages supplémentaires, où l'on trouvait des tables d'études et encore quelques étagères. Ils étaient reliés au rez-de-chaussé par quatre escaliers en colimason à larges marches, disposés aux extrémités du bâtiment.

L'atmosphère était fraiche et calme ce midi, aucun lecteur n'étant encore venu. La démone en avait profité pour se lancer dans le nettoyage complet de la grande salle, ce qui lui avait pris toute la matinée. Laissant ses pieds en suspend au dessus du sol, elle balançait distraitement ses jambes, se laissant glisser dans les souvenirs de la veille. Un sourire étrange déforma brièvement ses douces lèvres, contrastant bizarrement avec la douceur de son visage. Elle avait trouvé ce petit démon courageux, même si elle doutait de le revoir avant un moment. Les habitués avaient déjà commençé à quitter les lieux, l'heure de la fermeture ayant pointée. La démone avait fait le tour des rayons, demandant aux rares personnes qui s'attardait de bien vouloir partir, la plupart déguerpissant vite fait. Lustia n'avait jamais comprit pourquoi ils partaient si vite lorsqu'elle le leur demandait, limite en courrant. Mais d'un coup d'oeil elle avait remarqué un jeune démon qui, ignorant son avertissement, continuait à lire. Elle s'était approchée de lui d'un pas timide, lui demandant une nouvelle fois de bien vouloir s'en aller. Il l'avait ignoré, prologeant sa lecture intentionnellement. Apparement, c'était la première fois qu'il venait ici, sinon il aurait réagi comme les autres. Un éclat sombre avait traversé les yeux innocents et timide de la démone, et son pied avait sifflé tel une flèche. Le petit démon s'était retrouvé au sol, hurlant en agrippant sa jambe dont le genoux partait dans le sens opposé. Ca devait effectivement faire très mal.

-Aaahhh.... Décidément, les jeunes sont bien irrespectueux et rebelles de nos jours. Même la douceur ne les touche plus, mais bon.

Poussant un autre soupir, elle s'était baissée pour ramasser le livre gisant par terre et le rangeant dans son étagère, sous les gélissements douleureux du blessé. Puis la démone le saisit par le col de sa veste et le traina jusqu'à l'imposante porte entrouverte sur la rue, d'un air détachée et naturel, le sermonant au passage sur les règles intransigeante en vigueur ici, comme si elle fesait cela tous les jours et que c'était tout à fait normal et logique. Les dernières personnes qui sortaient alors de la bibliothèque s'étaient pétrifiés, assistant à la scène sans dire un mot. Un démon qui venait fréquement s'était avancé d'un air amusé sur le chemin de Lustia, la forçant à s'arrêter à quelques mètres des portes.


-Oui, que veux-tu Bildiar? Nous fermons là.

-Je sais très bien, chère Lustia. Je voulais juste te proposer de m'occuper de ce jeune imbécile. Ca évitera que tu le balance sur les pavés dehors. Je vais le déposer à l'hopital. Il a l'air mal en point, non?

La démone avait jeté un coup d'oeil distrait à la victime, qui semblait au bord de l'inconscience. Elle refit face à Bildiar, son visage rayonnant toujours d'un air d'innocence, tout le contraire de ses paroles.

-Ne dit pas n'importe quoi Bildiar, tu sais que je n'aime pas la violence, mais bon... D'accord, je vais te le confier pour cette fois, mais franchement, il a l'air d'aller bien, tu trouve pas? On ne l'entend plus depuis un moment.

Un sourire parfaitement innocent était apparu sur le doux visage de Lustia, ce qui avait provoqué chez Bildiar un frisson de peur. Il souhaitait inconscienment ne jamais avoir de problème avec cette démone. Ce qui l'effrayait le plus chez elle était le fait qu'elle pouvait très bien tuer quelqu'un avec un sourire digne d'un ange. Mais il fit tout pour ne pas le montrer, prenant un air détendu, et récupérant le garçon blessé.
Lustia se retourna et saisit son registre, se mettant à le feuilleter doucement, cherchant un livre dont on lui avait parlé il y a peu. Elle le trouva parmis les titres, mais décida de rester encore un peu assise avant d'aller le chercher. Elle s'allongea finalement sur le bureau fermant un instant les yeux.

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Dernière édition par Lustia Von Schelle le 30/05/2009 17:15:28; édité 1 fois
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MessagePosté le: 11/05/2009 17:43:07    Sujet du message: Publicité

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Lyssienn Darkaël
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MessagePosté le: 23/05/2009 18:55:15    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Lyssienn poussa la porte de l’immense bâtisse en essayent de faire le moins de bruit possible. Il avait besoin de se cacher quelque part. Il n’en pouvait plus de courir au hasard des ruelles comme une âme en peine. Mais surtout, ce serait bientôt la pleine lune, et il lui fallait dormir. Il avait vu cette immense cathédrale qui se détachait comme l’obscure silhouette d’un dragon sur le fond clair de la nuit. C’était la première fois qu’il voyait un bâtiment aussi imposant, et il pensa qu’il trouverait facilement une cachette où dormir sous les voûtes. A cette heure ci, ce devait être vide…Cette nuit, il dormirait au chaud… Déjà, le sommeil pesait sur ses paupières, et il avait l’impression que la porte pesait cent tonnes. Il réussit pourtant à l’ouvrir suffisamment pour se glisser dans l’entrebâillement et pénétrer dans l’antre sombre.

Il fut frappé par la beauté du lieu ; jamais il n’avait vu un édifice aussi imposant, mais surtout, c’était la première fois qu’il voyait autant de livres réunis. Il laissa son regard errer sur les reliures de cuir, un peu abîmées pour certaines, qui semblaient raconter une histoire en elle-même. Un épais volume à la couverture sombre attira son regard à quelques mètres de là, il s’en approcha et le contempla un instant avant de le sortir de l’étagère. C’était un lourd volume écrit en calligraphie, et il eut un peu de mal à déchiffrer le titre qui était à moitié effacé par le temps et l’usure. Il lui semblait que c’était quelque chose comme « D’entre les ombres », ou quelque chose qui s’en approchait. Il se plongea alors dans la lecture du premier chapitre, oublieux de la pleine lune.

Il avait laissé ses ailes trainer au sol, trop fatigué pour les replier convenablement, et ses cheveux – blancs normalement – lui tombaient dans la figure comme un voile de poussière mouillé. Il portait une sorte de robe misérable qui tombait en lambeaux, n’ayant pas trouvé de quoi se changer au cours des derniers jours. Il ne s’était pas aperçut de la présence de la démone, et se laissa bientôt tomber en tailleur pour lire plus à son aise. Vu de loin, il ressemblait à une petite fille aux cheveux blancs qui lisait avec une intense concentration. Pourtant, sur sa robe brillait une tâche de sang pas tout à fait sec, qui n’était de toute évidence pas le sien. L’odeur de métal chaud du liquide pesait lourdement sur lui, créant une sorte d’aura de rêve et de folie autour de ce petit corps frêle.
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Lustia Von Schelle
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MessagePosté le: 30/05/2009 17:59:41    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Des cris, des plaintes, des hurlements. De sang qui gicle, le rouge partout, partout. Ses mains poisseusent, dégoulinantes de fluide vitale. Ses larmes chargées de détresse et de regrets, glissant le long de son visage. Elle fuyait tout cela, courant toujours plus vite, serpentant dans les sombres ruelles peuplées de cadavres et de voix d'outre-tombes. Les murs défilaient, les ombres se mouvaient, tout se répétait. Puis un gouffre, le noir, le noir absolu. D'un coup Lustia se redresse, à bout de souffle, de la sueur et des larmes dégoulinants sur son visage. Ses mains sont agitées de tremblements, mais elle sent son coeur se calmer petit à petit. Ses yeux se posent sur les lieux qui l'entourent. Elle est dans la bibliothèque, sur le bureau de l'accueil. Soulagée, elle retombe en arrière, s'allongeant à nouveau sur le bureau. Elle se met à fixer le plafond pendant que son corps reprend son rythme, posant ses yeux, les cachant. Quelques larmes s'échappent, carressant ses joues, essuyées ensuite par ses mains douces mais encore un peu tremblantes. Sa respiration se calme, la laissant inerte quelques instants sur le bois chaud. Puis, comme à chaque fois, elle carresse le ruban attaché à son bras gauche, ce ruban rouge, et se redresse une nouvelle fois. Son corps sous contrôle, elle se laisse glisser du bureau et se campe sur ses deux pieds. Elle se retourne et prend son registre sous le bras. Ses yeux se posent négligement sur une des grandes fenêtres aux vitres translucides de la façade Nord, remarquant l'avançer de la journée. Ou plutôt devrait-on dire de la nuit. Les étoiles constellaient le petit pan de ciel visible à travers le verre.

*J'ai dormi aussi longtemps?*

Elle secoua la tête devant sa bétise, mais elle devait admettre qu'elle était en pleine force. Soudain, en bonne directrice, elle se dit que l'horaire de fermeture était passé depuis un moment déjà. S'armant de détermination, elle reprit son éternel visage angélique, un sourire chaleureux et un regard tendre, et se lança dans l'inspection du bâtiment, sans toutefois remarquer l'ombre qui se campait contre une des étagères près de l'entrée. Personne dans tout le reste du bâtiment. Alors qu'elle revenait vers la porte principale pour la fermer, son regard repéra un mouvement entre les étagères, accompagné d'un bruit qu'elle connaissait bien. Une page qu'on tourne. Elle se tint au début de la rangée, examinant la personne qui se trouvait assise là à feuilleter un de ses livres. Un jeune homme vétu d'un robe sale en lambeaux lisait avec un air respectueux le livre qu'il tenait du bout des doigts, sûrement pour éviter de le salir. Cette considération pour l'ouvrage toucha la bibliothécaire, mais son regard ne s'arrêta pas pour autant de le scruter. Il semblait tellement plongé dans le livre qu'il ne l'avait pas remarqué. Elle s'avança d'un pas fluide et calme vers lui. Il avait les cheveux court et gris, dont dégoulinait de temps en temps une goutte d'eau, et son physique fesait penser à celui d'un ange, si ce n'était les ailes noir et rouge de démon qui pendaient lamentablement sur le sol autour de lui. Il avait l'air petit et frêle, mais la démone pouvait voir à son corps dévoilé qu'il n'avait rien d'un enfant.

Soudain, Lustia s'arrêta à quelques mètres du jeune homme, son habituelle air angélique s'effaçant pour laisser place à une expression froide et dur. L'odeur qu'elle avait sentit, elle la connaissait parfaitement. Une odeur ennivrante et repoussante à la fois. L'odeur du sang. Une tâche se dessinait d'ailleurs sur la tunique déchirée du jeune homme assis. Lustia se tint droite, sur ses gardes au cas où le jeune garçon ne se montre hostile. Son pouvoir se mit à palpiter en elle, fesant légèrement trembler les livres sur sa gauche. Elle s'approcha d'avantage et s'agenouilla à deux mètres de l'hybride, posant son registre de cuir sur ses cuisses. Elle se força à prendre un ton chaleureux et doux malgrés sa méfiance envers l'intrus, essayant de se montrer affectueuse et bienveillante.


-Bonsoir... attendant qu'il la remarque. Puis-je savoir ce que tu fait ici? La bibliothèque est cencée être fermée à cette heure-ci. As-tu des problèmes?
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Lyssienn Darkaël
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MessagePosté le: 31/05/2009 08:45:34    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Alors que l’esprit embrumé de fatigue et de rêve de l’hybride se perdait dans les trésors des pages craquelées, il sentait une vague appréhension monter en lui… un sentiment qu’il balaya d’un revers de pensées fatiguées, mais qui revint poindre peu après. Il sentait une présence qui approchait peu à peu, le déconcentrant dans sa lecture ; il essaya de passer outre et de ne s’adonner qu’aux lettres qui dansaient devant lui, de se plonger dans les tréfonds du lourd volume qu’il avait posé au sol… mais la présence se faisait plus insistante. Il perçut une ombre à l’orée de son regard, une silhouette fière et dure qui s’approchait. Et il y avait cette impression étrange que quelque chose n’était pas normal. Il devina plus qu’il ne vit les livres trembler légèrement. Il décida que ce n’était rien de plus qu’un effet de son imagination ou la fatigue de ce dernier mois qui s’accumulait d’un coup. D’ailleurs, il sentait ses paupières se faire lourdes, et ses pensées s’estompaient doucement dans sa tête. Trop de fatigue, trop d’émotions et de colère, voilà ce qui le tourmentait, qui l’épuisait jusqu’à la limite de ses forces, et qui le forçait à continuer de l’avant.

La femme dit quelque chose, son esprit embrumé ne comprit pas tout de suite les mots qu’elle prononça. Il leva la tête de l’encre pâlie pour la contempler. Elle lui parut une porcelaine peinte à l’encre de chine, tout en elle hésitant entre le noir profond et le blanc des étoiles qui brillent sur le fond de la nuit. Pourtant, elle portait au bras gauche ce ruban de sang qui mordait dans sa chair comme le baiser d’une lame acérée. Mais ce qui le marqua le plus en elle, ce n’était pas la beauté de son visage, ni la douceur de ses traits, non… ce qui attira son regard, c’était la froideur qu’il pouvait lire au fond de ses yeux, un éclat aussi dur que l’acier que seul le fantôme d’un souvenir sanglant peut laisser. Pourtant elle semblait douce, souriante, chaleureuse, presque, mais il sentait qu’elle avait érigé autour d’elle les mêmes barrières que celles qu’il avait lui-même dressé entre lui et le monde. Un gouffre de protection pour que la haine et la colère du monde ne l’atteigne jamais… et qui interdisait aussi à la douceur de venir à lui. Un bouclier de solitude dans un monde ou tous survivaient au jour le jour dans leur propre isolement.

*Ai-je des problèmes* pensa-t-il en réponse à la question de la femme.

Peut-être était-ce ce regard familier, ou le sourire doux qu’elle lui adressait, ou bien peut-être était-ce simplement la fatigue qui brouillait ses pensées, mais il ne pouvait pas mentir, ce soir.

« J’ai tué celle qui était ma mère. J’ai tué ceux qu’elle m’avait désigné. J’ai tué ceux qui s’approchaient de moi. J’ai tué ceux qui me voulaient du mal, et ceux qui ne m’étaient rien. »

Il se tut pour guetter sa réaction, voir si elle allait rire, comme tant d’autres avant ; l’attaquer comme les fantômes qui flottaient dans ses nuits sans sommeil ; ou tout simplement l’ignorer, le jeter dehors par respect pour ses livres, et oublier qu’il avait jamais mis les pieds ici.

« Oui, j’ai un problème : je ne vis plus, mais je ne suis pas mort. »
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Lustia Von Schelle
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MessagePosté le: 10/06/2009 13:45:16    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

La première réponse du jeune homme la figea, lui tendant les nerfs à vif. Il avait tué, et pas qu'un peu d'après lui. Mais Lustia n'était pas une personne qui jugeait trop vite. Son sourire chaleureux s'effaça, mais pas complètement, et son visage pris un air pensif. Le regard du garon au livre était fatigué et surtout vide. En lui ne restait aucune trace de désir de vivre, il aurait pû tout aussi bien être un mort-vivant. Donc d'après ses paroles, le sang sur la tunique ne devait pas être le sien, et il ne montrait aucun signe de souffrance physique. Lustia plongeant d'avantage son regard dans celui du garçon, essayant de lire en lui, mais tout y était mort ou presque. Elle avait été dans le même état quelques années plutôt, à la perte de ses parents. Elle avait alors quitté les champs de batailles, ne supportant plus la vue du sang et de la mort. Sa famille avait envoyé des assassins de peur qu'elle ne les trahisse, de fiers et puissants guerriers, mais dans l'état où elle était, ils n'avaient eût aucune chance. Elle les avait réduit en bouillie, au sens propre du terme, et avec une facilité qui rendit fou le seul survivant. Depuis, sa famille n'avait plus rien tenté contre elle, la laissant diriger la bibliothèque sans pour autant l'exclure de la famille. Et là, devant elle, elle trouvait son miroir, elle en était sûr. D'après ses paroles, si elle ne se trompait pas, il avait dû vivre quelque chose de semblable à elle, ce qui adoucit sa méfiance.

La garçon l'avait scruté pour voir sa réaction, et il ajouta à voix haute ce que la démone avait pensé un peu plutôt. Ni vivant, ni mort. Quel pauvre enfant. Il la fixait toujours, attendant. Elle soupira un bref instant puis se releva, et lui sourit de manière sincère. Un sourire chaleureux tout en étant mélancolique, le regard chargé de compation où l'on distinguait clairement de la tristesse. Elle glissa son registre rouge sous son bras gauche et se pencha vers le jeune homme avec un naturel qui montrait qu'elle ne craignait rien mais aussi qu'elle n'était pas hostile. Sa main droite se tendit et saisit délicatement le livre des mains fatiguées du garçon, lisant rapidement le titre et le rangeant dans l'étagère. Le jeune homme semblait sur le point de protester, mais Lustia lui jeta un regard faussement sévère emprunt de trop de douceur pour l'être.


-Non, il se fait tard, donc c'est l'heure d'aller manger et se coucher. Tu pourras continuer à le lire demain. En attendant tu es fatigué et sale, et comme je déteste la saleté et la puanteur, tu vas me faire le plaisir de te faire une toilette avant que l'on mange. Puis tu te coucheras. Aller... suis moi.

Elle se détourna avec prestence et grâce, fesant quelques pas puis s'arrêtant à nouveau, se tournant vers le jeune homme.

-Alors, tu as besoin que je te tire ou tu peux te débrouiller? Pour ta gouverne, tu es en sécurité ici. C'est mon domaine. Personne ne t'y attaqueras sous peine de ma colère, que peu de personne désire. Allez debout.

Elle comptait l'emmener dans son bureau où elle avait une bassine d'eau et un peu de savon, puis ils mangeraient dans le salon privé et dormiraient là-bas. Enfin... c'est ce qu'elle prévoyait.
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Lyssienn Darkaël
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MessagePosté le: 12/06/2009 11:45:18    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

La femme lui prit le livre des mains et lui proposa fermement d’aller manger et dormir. Il mit quelques secondes à comprendre ce qu’elle venait de dire, et quelques autres à se demander si elle était vraiment sincère. Pourtant, elle souriait, et elle avait l’air de savoir ce qu’elle faisait. Alors qu’il hésitait entre la suivre et s’enfuir, elle se retourna pour lui dire qu’il était en sécurité, ici. Il réfléchit à toute vitesse… enfin, aussi vite que son esprit épuisé pouvait fonctionner à cet instant. Finalement, il décida de la suivre ; de toute façon, si elle lui voulait du mal, elle n’aurait aucune difficulté à le rattraper vu son état présent. Il se releva donc, tremblant légèrement sur ses jambes, et suivit la femme d’un pas timide.

A présent qu’il marchait, son esprit se faisait plus clair, et il pouvait réfléchir un peu mieux. Mais les seules pensées qui lui venaient à l’esprit revenaient toutes à la stupeur que quelqu’un s’intéresse à lui autrement que pour son corps, ses dons, ou sa mort. Il existait donc vraiment ? Mais c’était une inconnue… Et sa propre mère l’avait déjà trahi, alors… Pouvait-il lui faire confiance ? Etait-elle sincère ou voulait-elle simplement l’utiliser comme tous les autres, avant ? Il ne savait pas pourquoi, mais il pensait qu’elle n’était pas le genre de personne à mentir. Mais tant de monde lui avait menti, déjà ! Il fit tourner trois fois la bague ciselée qui ornait sa main gauche, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, pour conjurer le mauvais sort. Il essaya de trouver quelque chose de gentil à lui dire pour la remercier de ces quelques instants de calme qu’elle lui offrait, mais il ne trouva rien. Les mots jaillirent de sa bouche sans qu’il puisse les retenir, ce n’était pas exactement ce qu'il avait eu l'intention de dire.

« Pourquoi est-ce que vous voulez m’aider ?… Personne… personne ne m’a jamais rien donné gratuitement… Qu’est ce que vous attendez de moi ? »

Sa voix était un peu trop aigue à cause de la fatigue et de l’anxiété, il essaya de masquer ces émotions en durcissant son regard, mais il n’était pas certain d’y être vraiment réussi. Peut-être devrait-il dormir plus souvent ? Il ne voulait pas qu’elle croit qu’il avait peur, elle pouvait croire tout ce qu’elle voulait, mais pas ça. Il accéléra un peu l'allure pour se retrouver à son niveau, marchant d'un pas un peu plus assuré, et leva ses grands yeux d'acier vers elle. Comme ça, avec sa robe déchirée et ses cheveux trop longs qui lui tombaient dans la figure, avec sa peau opalescente et ses traits délicats, il avait tout l'air d'une ange des anciennes légendes humaines, incarnant la pureté et la douceur de l'amour infini qu'ils étaient supposés apporter sur terre. Pourtant, sa voix n'avait rien de naîf lorsqu'il s'adressa à la démone:

« Si vous voulez me tuer ou me violer, faites-le maintenant, qu’on en finisse. »
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Lustia Von Schelle
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MessagePosté le: 14/06/2009 14:13:53    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Comme elle s'y attendait le jeune homme la suivit sans rétissances, peut être aussi à cause de sa fatigue. Il s'était levé lentement et avait pris sa suite d'un pas méfiant et pesant. La démone réfléchissait à ce qu'ils allaient pouvoir manger, car elle n'avait pas prévue d'invité pour ce soir. Son plat froid l'attendait dans son salon, et elle se souvint qu'elle cachait aussi quelques gourmandises dans un tiroir de son bureau. Elle s'y enfermait quand elle décidait de s'offrir ce petit moment de détente, car elle ne voulait que personne ne la voit ainsi. Elle avait une réputation à tenir si elle voulait maintenir cette vie qu'elle aimait par dessus tout. Les mots du jeune homme la firent sortir de sa rêverie, et elle n'en entendit pas le début, mais elle comprit le sens de ses paroles. Est-ce qu'elle allait l'utiliser? Cette méfiance vis à vis d'elle la fit rire intérieurement. En quoi pourrait lui servir un si chétif petit garçon, surtout dans l'état qu'il était. Il vint se mettre à sa hauteur d'une petite foulée rapide, et ne la voyant pas répondre, lui balança une autre série de paroles extravagantes. Mais ces dernières lui ôtèrent sa bonne humeur. Pour qu'un jeune garçon vous pose se genre de question ouvertement, il faut qu'il en ait vu des vertes et des pas mûres, et souvent. Lustia Von Schelle s'arrêta d'un coup et se tourna vers le petit ange, ou démon, elle ne savait pas même si elle le trouvait très mignon. Ses pensées se fesait claire et elle commençait à en avoir marre de cette méfiance vis à vis d'elle, tout en étant profondément triste pour le petit. Cependant, elle ne le montra pas. Elle arborait un sourire sadique et alléchant, se campant de toute sa hauteur devant le petit garçon et prenant un un regard prédateur. Les mains sur les hanches, le registre toujours sous le bras, elle désirait se montrer le plus démoniaque possible, ce qu'elle pensait possible. Elle se pencha légèrement vers lui et parla d'un ton froid et conspirateur.

-Bien sûr que oui, j'attend quelque chose de toi. Rien n'est gratuit dans la vie. Hihihi. Et tu ne vas pas échapper à la règle. Ce que je veux de toi? c'est ça que tu veux savoir?

Elle laissa planer un moment de silence, juste pour renforcer l'impact. Elle n'attendait pas de réponse du garçon, car ce n'était pas une vraie question. Elle voulait juste le faire mariner un peu, qu'in se remut les méninges pour trouver ce qu'elle allait lui demander. Après quelques souffles, elle se décida et reprit sur un même ton, comme si c'était quelque chose d'énorme, ce qui l'était entre parenthèse.

-Ce que je veux de toi... C'est que tu m'aides à nettoyer la bibliothèque demain matin, et de fond en comble. Tout! Voilà.

Sur ce, elle se détourna du jeune homme, ne voulant pas regarder l'expression qu'il arborait. Lustia était peu adepte de l'humour, car elle l'avait noir, très noir. Et peu de personnes le comprenait. Elle reprit son chemin vers son bureau d'un pas toutefois lent, attendant de voir ou entendre la réaction du jeune homme.
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Lyssienn Darkaël
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MessagePosté le: 14/06/2009 21:09:54    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Lorsque la démone se tourna vers lui avec ce sourire démoniaque pour lui répondre, il éprouva une vague déception, et ne put que penser *j’aurais dû m’en douter*, mais quelque chose clochait dans l’attitude de la démone, et il n’arrivait pas à voir quoi. Elle lui parla alors de ménage, arborant toujours ce sourire sadique, comme si elle lui annonçait la plus exquise des tortures, puis elle reprit sa route. L’angoisse le quitta d’un coup, le vidant complètement de toute émotion, et il ne resta plus que la fatigue dans son esprit ; ses nerfs lâchèrent d’un coup, et il partit d’un grand éclat de rire, mi-soulagé mi-incrédule. Il rejeta ses cheveux en arrière, révélant alors l’intégralité de son visage blafard, et rejoignit de nouveau la démone.

« Le ménage ! Ce sera un plaisir ! »

Il ne savait plus que penser, mais préféra laisser toutes ces considérations au lendemain : après avoir passé une bonne nuit de sommeil, il aurait enfin les idées suffisamment claires pour juger de la situation. Il décida d’oublier tout ça dans un recoin de sa tête et de faire ce qu’il avait toujours fait lorsque ses nerfs le lâchaient : se fier à son instinct. Et pour l’instant, son instinct lui disait de ne pas énerver la démone, et de croire ses paroles sans chercher un sens caché derrière. Il s’arrêta brusquement devant la couverture brillante d’un épais volume, ses pensées changeant brusquement d’orientation, uniquement tournées vers la tranche doré du manuscrit. Il hésita à sortir le livre, sentant monter en lui l’envie subite de dévorer son contenu avidement. Il leva une main tremblante vers la reliure, l’effleura du bout des doigts… Son esprit était déjà parti dans le livre, rêvant l’histoire qui l’y attendait bien sagement lovée au creux des pages fermées ; il s’abandonna à ce demi-songe, perdu dans les brumes de son imagination.

Un léger bruit le ramena brusquement à la réalité, lui rappelant où il était et avec qui. Il secoua la tête pour remettre un peu d’ordre dans son esprit et se concentrer sur l’instant présent. Il se rendit brusquement compte qu’il avait manqué à la plus élémentaire politesse. Ses pensées allaient un peu top vite dans sa tête, et il avait du mal à les arrêter. Il oublia donc la moitié des mots lorsqu’il s’adressa à la femme pour la remercier de son aide.

« Je suis désolé… Merci… Je veux dire… Mon nom est Lyssienn… Je ne voulais pas déranger… Juste dormir… Je ne voulais pas… »

La tête lui tournait terriblement, et il dû se tenir à l’une des étagères pour ne pas tomber. Les images dansaient devant ses yeux en une farandole sombre tandis que les derniers jours lui revenaient en vrac. Il se rappelait brusquement les ruelles noires, les visages émaciés qu’il avait croisé, la voix de l’humain qui l’avait aidé à s’enfuir, le contact froid des fers à ses poignets, la puanteur des esclaves autour de lui, la course effréné dans la nuit, la douleur des coups… et surtout, surtout, le goût du sang sur ses lèvres, qui semblait couler comme une rivière douce et amère dans le visage sans regard qui criait vers lui. Il posa la main sur ses yeux pour essayer de chasser les souvenirs, refusant de se laisser emporter une fois de plus dans leurs mains décharnées. Mais c’était trop tard, les fantômes recommençaient de le hanter, les visages défigurés flottaient autour de lui, tendant un doigt accusateur, se rappelant impitoyablement à lui. Il glissa deux doigts tremblants autour de l’une des ses boucles d’oreilles, la bleue, et murmura une suite de mots incohérents qui sonnaient comme un exorcisme pour éloigner les esprits des morts. En relevant la tête, il aperçut vaguement la silhouette de la femme au ruban, il essaya de s’excuser de la déranger de la sorte, et maudit pour la énième fois les nuits de pleine lune.

Le sol décida qu’il était très commode de venir à sa rencontre.
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Lustia Von Schelle
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MessagePosté le: 16/06/2009 18:54:54    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Après sa tirade sarcastique, la démone s'était détournée du jeune homme, et la première chose qu'elle entendit fût son rire. Le garçon avait éclaté de rire après un moment de silence, brisant celui de la bibliothèque. Ce son était frais et authentique aux oreilles de la démone, dont les lèvres esquissaient un sourire bienveillant. Ses paroles avaient eut l'effet esconté, celui de libérer le gamin de son stress et de sa méfiance continuelle. Elle le senti se porter à ses côtés, et tourna la tête vers lui, son masque d'innocence toujours plaqué sur son visage. Les mots qui sortirent de la bouche du garçon étaient ceux qu'attendait la démone. Elle se doutait qu'au regard et à l'attitude du garçon que faire le ménage était plus une source de joie que de gène, car ce qu'on devait lui demander d'habitude était autrement différent. Ils marchèrent encore quelques pas ensemble, mais Lustia ne remarqua pas tout de suite que la garçon s'était arrêté une nouvelle fois. Après un instant, elle s'en apperçu et fit volte-face, avisant le jeune homme figé devant une étagère. Il semblait perdu dans ses pensées, les yeux fixés sur un livre comme la démone le soupçonnait. Certains livres de sa bibliothèque étaient spéciaux, et pouvaient dans certains cas produire un effet inattendu sur certaines personnes. Lentement, il leva sa main vers une reliure dorée parmi d'autres de moindre facture. Ses doigts effleurèrent le côté sans pour autant le prendre, et la démone se garda bien d'intervenir. Quelques fois, il faut laisser les évènements se dérouler d'eux-même, sans les perturber. Après quelques souffles, Lustia fit un pas vers le jeune homme, qui sursauta légèrement au son du talon sur les dalles, le tirant de son monde imaginaire. Elle le vit secouer la tête comme pour retrouver ses esprits. Il se tourna vers elle et sembla tituber tout en cherchant quelque chose à dire, sa bouvhe s'ouvrant et se fermant à demi. Puis il arriva enfin à s'exprimer, mais avec le plus grand mal. D'après ce que la démone pût tirer de ses mots hachés, il s'excusait pour le dérangement et la remerciait pour son invitation, tout en glissant son nom. Lyssienn. Un joli nom.

Il se mit à tanguer plus fortement, perdant progressivement son équilibre face à la fatigue, qui se lisait de plus en plus intensément sur son visage. Alors qu'il commençait à se laisser aller, il s'agripa à une étagère pour se stabiliser. Lustia s'avança alors vers lui d'un pas vif au cas où elle devrait l'aider, ce qu'elle ne tarderai pas à faire. Le garçon posa son autre main sur ses yeux un instant puis se mit à tripoter une boucle d'oreille bleu tout en murmurant des paroles que la démone n'entendit pas bien alors qu'elle se rapprochait. Alors qu'elle n'était plus qu'à deux mètres de lui, ce dernier releva la tête, essayant de fixer la démone, mais ses yeux se voilèrent immédiatement et il plongea en direction du sol. Malgré un bras occupé à tenir le registre, elle rattrapa tout de même le jeune homme de l'autre, accusant facilement le coup. L'ange démonique n'était pas particulièrement lourd, mais le porter avec un bras allait demander un peu d'effort à la démone, ce qu'elle ne voulait pas dépenser. Elle lâcha son registre rouge qui chuta de quelques centimètres avant de se mettre à flotter à côté de la démone. Son pouvoir lui était vraiment utile dans ce genre de situation, surtout quand elle ne voulait pas se fatiguer. D'un mouvement ample, elle saisit le garçon avec son autre bras et le porta une princesse, sauf que les rôles étaient inversés cette fois-ci. Elle regarda un instant le doux visage du garçon endormi puis poussa un soupir discret.


-Décidement, cette soirée est pleine de surprise... Un prince misérable et épuisé qui vient demander asile dans une bibliothèque. Quoi de plus normal?

Sur ces mots, elle s'était mis en marche vers la porte en bois sombre barrées de fer au fond de la grande salle. Arrivée devant, elle fît voler la clé qui était dans sa poche d'une simple pensée, et lui fît ouvrir la porte. Elle la referma de la même façon, sans se retourner, la verrouilla et marcha vers une seconde porte dans le couloir qui en contenait deux autres. Son bureau et la bibliothèque secondaire. Mais là, c'était vers celle du salon privé qu'elle se dirigea. Elle l'ouvrit d'une poussée mentale, comme avant, et entra. Un canapé et deux fauteuils rembourrés la décorait, avec deux tables de chevêt et une table basse, et divers tableaux et lampes accrochés aux murs blancs. Une cheminée tronaît dans le mur en face du canapé, éteinte. La démone s'avança dans la pièce et déposa délicatement le garçon sur le canapé, l'installant du mieux qu'elle pût. Il semblait dormir d'un sommeil de plomb car il n'émit pas le moindre son. Elle alla ensuite tirer une petite couverture d'un coin de la salle, et l'étendit sur le jeune homme. Le plat froid qu'elle s'était préparée était toujours sur la table basse, et elle le laissa ainsi. Elle mit quelques minutes à allumer un feu doux dans la cheminée, qui répandit vite sa chaleur dans la pièce. Puis elle s'agenouilla à côté du canapé, posant un regard étrange sur le garçon. Elle lui carressa un moment ses cheveux, et elle se releva et quitta la pièce silencieusement. La démone fila dans son bureau, et se rendit compte qu'elle fesait toujours flotter son registre à côté d'elle. Elle l'attrapa d'une main et la déposa sur son bureau en bois verni. Une oeuvre d'art sculptée. Mais ce n'était pas seulement ça pour elle. Ce meuble avait appartenu à ses parents, et c'était un des rares souvenirs qu'elle gardait d'eux. Aussi le choyait-elle avec exagération. Elle s'asseya dans son fauteuil et tira un des tiroirs sur sa droite. Quelques friandises et autres choses commestibles y trainaient, et elle s'empressa de les dévorer. La faim la tenaillait depuis déjà de nombreuses heures, mais elle l'avait ignorée. Après s'être remplie l'estomac du peu qu'elle possédait, elle s'enfonça dans son lourd fauteuil, laissant ses pensées et son esprit vagabonder. Qui était ce jeune homme? Que lui était-il arrivé? Pourquoi était-il venu ici? Dans quels problèmes s'était-elle encore fourrée? C'est sur ces questions qu'elle sombra peu à peu dans les ténèbres réconfortant du sommeil, les accueillant pour une fois à bras ouvert, ne distingant que trop tard leur nature vicieuse.

...


Toujours le même rève, toujours les mêmes images. Du rouge, du noir, du blanc. Du sang, les ténèbres et les éclats des armes. Les cris des combattants et les hurlements des blessés. Un souvenir s'impose devant elle. Un jeune démon allongé sur le sol, mourrant, son sang tâchant progressivement la pierre de sa teinte écarlate. Le regard suppliant du garçon se tournant avec une lenteur exaspérante vers elle, une lueur d'espoir naissant dans ses yeux à la vue d'une de ses soeurs. Le changement dans ses yeux lorsqu'il comprend ce qu'elle est. Une Von Schelle. Et chez les Von Schelle, on ne laisse pas de blessés sur notre chemin. Que des morts, que des cadavres. Elle se voit lever un pied et le placer au-dessus de la tête du mourrant suppliant, les larmes aux yeux. Lustia crie, elle veut s'arrêter, l'aider, mais ce n'est qu'un souvenir. Elle voit son pied voilé le visage du garçon, puis le bruit écoeurant des os brisés et du liquide répendu. Ecrasant la vie comme si elle était qu'un petit insecte, avec une facilité déconcertante. A la vue des reste du démon, un cri de rage monte en elle.

Elle se réveilla dans son bureau, couverte de sueur, son visage exprimant sa panique. Reprenant son souffle petit à petit, elle examina la pièce, se calmant progressivement à la découverte de son environnement habituel. Elle se lèva doucement et se dirigea vers la bassine d'eau dans un coin, à côté de laquelle était suspendue une serviette. Elle se passa vivement de l'eau froide sur le visage, la réveillant tout en lui procurant une agréable sensation vivifiante. Son expression se fît pensive et dur, tandis qu'elle se sèchait et marchait vers son bureau. Elle saisit le registre en cuir posé sur le bord et sortit de la salle d'un pas lent et occupé, la verrouillant derrière elle. Elle marcha à travers la grande salle, ayant laissé au préalable la porte ouverte pour le jeune homme, et remarqua que l'aube venait juste de pointer à l'horizon. Arrivant à l'entrée, elle se mit devant la première étagère à proximité et commença son inspection quotidienne. Ouvrant le registre, elle parcourut la bibliothèque en vérifiant que chaque livre était à son emplacement, utilisant ses pouvoirs pour les faire voler à leur place. Ayant vite fini en raison du peu de personnes présentes la veille, elle ouvrit le verrou de la grande porte, laissant l'accès à la bibliothèque dès l'aube comme toujours. Elle posa le registre sur le bureau d'entrée puis monta au second étage. Les tables d'étude étaient vides, aucun livre ne trainant dessus. Elle s'accouda à la balustrade et laissa glisser son regard sur l'intérieur du bâtiment, admirant les arches sculptées et les tonnes de livres qui se trouvaient en-dessous.
Elle resta ainsi un certain temps, se laissant bercer par le silence paisible et l'odeur des vieilles pages émanant des livres. Soudain un bruit la tira de son petit monde de quiétude. Quelqu'un venait d'entrée dans la grande salle, aussi se pencha-t-elle pour découvrir l'intrus.

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Lyssienn Darkaël
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MessagePosté le: 17/06/2009 13:59:29    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

La Rédemption était arrivée d’un coup, rappelant à lui tous les visages qu’il avait oublié au fur et à mesure qu’il leur ôtait la vie. Chaque fois, il s’enfonçait plus profondément dans les ténèbres de ces souvenirs, s’enlisait entre les mains des morts qui venaient réclamer de lui le remord, à défaut des larmes. Et cette fois encore, l’hybride s’était retrouvé impuissant entre leurs mains, cherchant vainement à fuir cette vérité et les fantômes qui ne le quitteraient jamais, mais comme chaque fois, son cauchemar le suivait, quelque soit le bouclier qu’il dresse entre lui et eux. Il avait tout essayé, les chants, la danse, les cris, les larmes, et même parfois l’asile d’un visage qu’il avait cru aimé jadis. Mais aucune armure n’était suffisamment solide pour résister aux assauts de ces revenants qui tourmentaient ses nuits. Il se sentait perdu, seul en bute aux assauts qu’il haïssait par-dessus tout, il se voyait courir entre les ombres nacrées qui se dressaient derrière lui comme un tsunami, prêt de l’écraser. Il n’avait jamais supplié qu’ils le laissent en paix. Même quand elle apparaissait, sa mère – cette traitresse qui avait tenté de le tuer – même devant son visage, il refusait de demander grâce. Cette nuit, donc, se passa comme toutes les nuits de sa vie, et la Rédemption l’entraîna plus loin que le sommeil n’allait jamais.

Lorsqu’il se réveilla, le lendemain, son esprit effaça les images dans un recoin de la mémoire, comme chaque fois, et les scella à double tour dans le coffre d’acier qui contenait ses nuits. L’hybride avait retrouvé la fraîcheur d’un gamin, ce qu’il était, et l’innocence qui va avec. Il regarda autour de lui, avisant deux fauteuils et une cheminée où des cendres encore chaudes finissaient de mourir. Il y avait un plat froid sur la table basse, il hésita qu’un instant avant de sauter du canapé et de s’assoir en tailleur devant l’assiette pour identifier son contenu. C’était quelque chose qu’il n’avait jamais vu avant, mais qui avait l’air drôlement appétissant. Il se saisit de la fourchette, piqua une boulette de viande qui fleurait bon les épices et commença de faire l’ange : « Voum, voum ! Je suis l’ange de la satiété ! Je vais te faire don de mon présent le plus précieux ! Voum ! Regarde, je vole sans ailes ! Je danse dans l’air ! Voum ! Mais tu n’as pas faim ? Voilà mon présent pour toi ! » et l’hybride engouffra la boulette en riant. Il continua ainsi avec les suivantes, inventant chaque fois une petite histoire comme celle qu’on raconte aux enfants pour les faire manger. Puis il jeta son dévolu sur cette verdure… verte. Des légumes ? Il n’aimait pas trop ça, mais il avait faim, donc il reprit son petit jeu jusqu’à ce que l’assiette soit vide. Après, il se leva, fit quelques étirements, et sautilla à cloche pied pour découvrir la pièce. Il voleta de ci de là, admirant les tableaux, jouant dans l’ombre des lampes, et décida de visiter le reste du lieu.

Il poussa donc la porte doucement, se glissa dans l’entrebâillement et regarda autour de lui. Il choisit une porte au hasard, entra dans la pièce en essayant de deviner ce à quoi elle pouvait bien servir. Il s’agissait d’un bureau au mobilier sobre, hormis le bureau verni qui brillait d’un éclat doux dans la lumière douce des lampes qui ornaient la pièce. Il en fit le tour, effleurant le bois du bout des doigts, cherchant son histoire dans les moindres accros que le temps avait osé laisser. Ses yeux tombèrent brusquement sur une bassine dans un recoin de la pièce. Il voleta jusqu’à elle, contemplant son reflet à quelques mètres au dessus de l’eau. C’était le reflet sale d’une gamine aux cheveux emmêlés et rendus collants par la transpiration. Il se mit alors en devoir de se débarbouiller, essayant de retirer la crasse qui le recouvrait. Il opta finalement pour un bain complet, essayant de ne pas éclabousser les meubles alentours, sans trop de succès. Ça le gênait, quand même, d’avoir sali cette eau et mouillé le sol… Il ne pouvait pas faire ça à la gentille dame. L’idée saugrenue d’utiliser son pouvoir pour arranger la situation l’effleura, et il sauta dessus en riant. Il adorait utiliser son pouvoir, c’était juste que c’était épuisant à la longue. Mais la dame était gentille, donc il fit un effort. Il transforma l’eau de la bassine en bouquet de fleur, solidifia celle qui se trouvait en dehors et mit le glaçon ainsi obtenu dans le récipient. L’hybride posa le bouquet sur la table quitta la pièce en sautillant, cherchant une autre robe à se mettre – la sienne laissait vraiment à désirer. En fouillant un peu, il se retrouva dans la grande salle, les étagères couvertes de livres le dominant de toute leurs hauteurs. Cela le fit rire. Il s’envola alors, juste assez pour atteindre les ouvrages les plus hauts passant d’un rayon à l’autre, lisant les titres des volumes les plus attrayants. Il se lassa de ce petit jeu, s'éleva encore plus haut pour regarder les quelques personnes qui étaient déjà là. Il avisa brusquement la démone sur le balcon, dominant l'ensemble de la salle de l'endroit où elle se trouvait. Il laissa échapper un sourire entre ses canines trop longues, prit un peu plus de hauteur, puis replia brusquement les ailes et se laissa chuter telle une pierre jusqu’à quelques centimètres au dessus du sol, il déploya alors ses plumes d’un coup, s’arrêtant juste en face de la femme, et lui sauta au cou en riant.

« Merci, Ruban Rouge ! Tu veux jouer ? C’est toi le chat ! »

Et il s’envola de nouveau dans les airs en égrenant des perles de rire, guettant du coin de l’œil le chat qu’il avait laissé au sol.

[j'ai fait les corrections, j'espère que c'est mieux au niveau du contexte ! mais j'admet que j'ai beaucoup de mal à comprendre où les personnages se positionnent exactement]
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Lustia Von Schelle
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MessagePosté le: 18/06/2009 22:38:54    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

[ merci pour les corrections. Je sais que je suis un peu chiante, mais j'aime bien quand ça concorde. voila^^.]



De la porte au fond de la grande salle sortit le petit garçon trouvé la veille. Il avait revêtu une des robes fort simple de la démone, qui pouvait aller aussi bien à un homme qu'à une femme. C'était celle qu'elle utilisait justement pour faire le ménage. Un peu sale, mais juste de la poussière donc ça ne se voyait pas trop. Il marcha un moment parmi les allées de livres, complètement dominé par les hautes étagères, puis se mit à voler au niveaux de la dernière rangée, examinant rapidement les divers titres sous ses yeux. Un lecteur fût distrait par son passage, mais se replongea vite dans sa concentration. Un rapide coup d'oeil à la salle, avant de revenir sur le jeune homme, montra à Lustia que ces quelques minutes de rêverie avaient suffit pour que plusieurs personnes rentrent dans la bibliothèque à la recherche de savoir. Le petit jeu du garçon ne dura que quelques instants sous les yeux attentifs de la démone. Lustia n'avait pas émis le moindre son, ne voulant pas attirer tout de suite l'attention du petit ange démoniaque, ni attirer l'attention des autres gens même si il avaient déjà dût la remarquer. Tous ceux qui était déjà venu une fois cherchait la démone dès leur entrée. Quand elle était là, le moindre trouble-fête risquait gros. Elle posa son coude sur le bord de la balustrade, posant son menton sur son poing.

*Apparement, il a bien récupérer. Il n'était que l'ombre de lui hier soir. Je vais le laisser jouer un peu... On dirait vraiment un gamin. Zut! Il va falloir que je le face taire car il fait vraiment trop de bruit.*

Elle ne le quitta pas un instant des yeux, laissant ses pensées vagabonder à la vue de cet enfant. Puis soudain il s'éleva dans les airs, montant de plus en plus haut vers le plafond, tout en rigolant. Trop de bruit, trop de bruit. Il se stabilisa et remarqua la présence de la démone. Cette dernière s'apprétait à lui faire signe quand il piqua tout à coup vers elle. Dans un réflexe de méfiance, ses mains se mirent en garde basse, mais le garçon ne sembla pas le remarquer tandis qu'il s'arrêtait abrutement devant elle. Elle n'avait pas reculé d'un pouce, car ça ne lui fesait pas peur. Et de tout façon elle ne sentait pas d'hostilité de la part du jeune homme.
D'un mouvement qui la surprit, le garçon l'enlaça en rigolant, un geste pour le moins inattendu. Cette étreinte laissa la démone patois, si bien qu'elle en oublia de réprimander Lyssienn sur la gène qu'il occasionnait. La pensée qu'il était vraiment mignon lui vint spontanément tout autant que le désir de le serrer à son tour dans ses bras, mais avant qu'elle n'ait pût amorcer son geste, il se recula, la regardant avec un sourir joyeux et la remerciant. Ruban Rouge? Quel drôle de surnom, mais elle savait à quoi il fesait référence. Le ruban rouge à son bras était très important pour elle, aussi se demanda-t-elle une seconde si elle devait y voir un sens caché, mais elle se dit que non. Les enfants prenait souvent les choses simplement, et quoi de plus voyant qu'un fin ruban écarlate sur sa peau d'albâtre. Les paroles suivantes élargirent encore plus le sourire naissant de la démone, et ses yeux commençait à pétiller d'amusement. Le masque d'innocence qu'elle essayait si souvent de rendre réel, ce gamin le lui avait donné avec un naturel déconcertant. Mais cette fois il était authentique. Cependant un tilt lui traversa l'esprit au moment où il repris son envole ponctué d'éclats de rire cristalin. Il fesait décidement trop de bruit. Elle prit un air faussement colérique en lui fesant signe à grand mouvement de bras et de mains qu'il devait faire moins de bruit. Elle lui ordonna, toulours avec des gestes exagérés, de venir se poser à côté d'elle.

Elle se demandait bien à quoi elle pouvait bien ressembler là, car elle n'avait jamais fait cela de toute sa vie. Ses joues s'empourprèrent lorsqu'elle sentit quelques regards se poser sur elle, venant sûrement des lecteurs de la salle en contre-bas. Elle ne se reconnaissait plus, et c'était peu dire, mais elle était joyeuse. C'était tellement rare qu'elle en profitait vraiment à chaque fois. Mais le devoir passe avant tout, et le ménage ne se fesait pas tout seul. Aussi attendit-elle le garçon avec un air autoritaire, même si le sourire sur ses douces lèvres ne parvenait pas totalement à s'effacer.

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MessagePosté le: 19/06/2009 16:53:52    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

[pas de problème, c'est vrai que c'est plus authentique quand tout correspond parfaitement]

Quand il se retourna pour observer la démone, elle lui faisait de grands signes comme un naufragé qui essaie d’attirer l’attention d’un paquebot, cela le fit rire encore plus. Mais elle lui signifia de se taire, gesticulant toujours, ce qui manqua le faire partir dans un fou rire incontrôlable, seulement elle sembla se fâcher. Lyssienn n’aima pas voir cet air sévère sur son visage, même s’il voyait qu’elle n’était pas vraiment en colère : elle était beaucoup plus jolie quand elle souriait. Comme Ruban Rouge était gentille, il décida de ne pas la contrarier et garda le silence, se mordant les joues pour ne pas laisser échapper ce fou rire qui le secouait. Elle lui fit signe de la rejoindre, toujours avec ce petit air colérique qui ne lui allait pas, il descendit donc de quelques mètres pour se rapprocher. Il décida néanmoins de rester percher dans les airs, attendant qu’elle l’attrape. La gentille démone avait les joues empourprées, ce qui lui donnait un teint carmin en accord avec son ruban – incroyable. Il n’avait jamais rencontré personne d’aussi jolie et gentille qu’elle, auparavant Comme elle n’avait pas sorti ses ailes, il perdit encore un peu de hauteur jusqu’à flotter à peu près au même niveau qu’elle, mais à quelques centimètres hors de sa portée. Elle devrait sauter du balcon pour l’attraper. Il trouva cette idée amusante, esquissa un rire qu’il fit taire aussitôt en se rappelant qu’il devait garder le silence.

Il se rendit brusquement compte que certains des plus proches clients avaient levé les yeux pour regarder son manège et le regard sévère de la démone. Les gens ne l’intéressaient pas, mais ceux-là étaient amusants, vus d’en haut. Il s’assit en tailleurs sur une étagère et décida de compter le nombre visiteurs qui portaient des chaussures jaunes. Il y en avait un, là, juste devant lui, pas d’autres. Il pencha un peu la tête sur le côté, réfléchissant intensément à la raison pour laquelle personne ne portait jamais de couleurs vives, ayant apparemment oublié qu’il jouait à chat avec la gentille démone ; ce qui n’était pas tout à fit le cas, puis qu’il attendait toujours qu’elle l’attrape, mais qui n’était pas vraiment loin de la vérité non plus. Comme les gens le regardaient toujours intensément, il se rappela que Ruban Rouge était toujours en train de l’attendre. Il reporta son regard sur le balcon pour voir si elle s’était enfin décidé à jouer le jeu, où si elle s’énervait vraiment.
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Lustia Von Schelle
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MessagePosté le: 19/06/2009 20:34:31    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Décidément, ce petit garçon était bien agité. Et comment souhaitait-il qu'elle puisse l'attraper si il était aussi haut? Voulait-il qu'elle saute? Elle y arriverai sûrement, mais se réceptionner en bas risquait de faire pas mal de dégats. Il s'était rapproché un peu mais restait toutefois hors de portée, pour elle qui n'avait pas d'ailes. Le faite de na pas posséder d'ailes ne l'avait jamais fait envier ceux qui en portaient, car elle n'en avait jamais ressenti le besoin. Le fait de renier ses ailes dès l'enfance était un choix extrêmement rare, qui se fesait la plus part du temps contre son gré. Mais la démone l'avait accepté, car cela la génait plus qu'autre chose. Les seules expériences aériennes qu'elle ait vécu furent les moments où elle se effectuait des attaques surprises lors des guerres, portée dans les airs par un autre soldat ailé.

Elle n'avait pas cillé un instant, son regard toujours rivé sur Lyssienn, volant à quelques mètres d'elle. Au moins le fesait-il en silence. La jeune femme soupira intérieurement, commençant à s'impatienter. Elle remarqua alors que le garçon avait compris qu'il attirait les regards. Il bifurqua et alla s'assoir sur une étagère en contre-bas, ignorant superbement les demandes, voir suppliques, de la démone. Décidément, il n'en fesait vraiment qu'à sa tête, et ça commençait à énerver Lustia. Et quand elle s'énervait, il fallait mieux ne pas rester dans les parages. Pendant que le petit gamin comptait mentalement elle ne savait quoi, la démone monta sur le bord du balcon, surplombant la grande salle. Ses poing se serrèrent de manière répétitive tandis qu'elle sentait une vieille habitude remonter en elle. Mobilisant toute sa volonté, elle s'efforça à dessérer ses mains, mais ce geste n'échappa pas à deux habitués de la bibliothèque. Ils se précipitèrent vers la sortie, sans toutefois passer la porte. Sachant qu'ils n'étaient pas la cible de cette dernière, il savait qu'ils ne craignaient pas grand chose, mais préféraient cependant se tenir prêt au cas où cela dégénèrerai.

Revenant à la démone, cette dernière commençait sérieusement à fulminer, et son faux masque angélique repris finalement sa place. Le sourire chaleureux avec pour l'instant laissé place à la colère et à l'ennui. D'éducation guerrière stricte et intraitable, Lustia avait une exigence particulièrement intense envers les autres. Le respect de la discipline était cette dernière, et quiconque la transgressait subissait son couroux. Des soldats avaient péris de ses mains pour non-respect aux ordres, mais elle avait changé maintenant. Elle avait fait preuve d'une patience extraordinaire envers Lyssienn, une patience dont elle ne se croyait pas capable. Aussi se dit-elle in-extrêmis qu'elle pouvait peut être attendre encore quelques secondes encore, pour laisser une chance au gamin. C'est à cette instant que ce dernier sembla se rappeller la présencede la directrice et tourna sa tête vers elle. Son mignon petit visage appaisa un peu sa colère grandissante, mais cela n'allait pas durer. Aussi Lustia sauta-elle sans prévénir du haut du deuxième étage, à environ dix mètres du sol. Quelques visiteurs qui regardaient la scène retinrent leur souffle, mais il ne la connaissait visiblement pas. Les deux habitués à côté de la porte d'entrée eurent un léger mouvement de recule, comme si le diable en personne s'approchait trop près d'eux. Après une chute rapide qui ne dura que deux secondes, Lustia attérit sur les dalles, les jambes légèrement fléchient. Des zébrures ainsi qu'un bruit semblable au choc d'un marteau contre la pierre retentit dans la grande salle. La démone avait inconsciement utilisé son pouvoir pour amortir le contact, mais le parterre n'avait pas apprécié, car il était éclaté sous elle.
Elle leva une main et pointa Lyssienn du doigt, ses yeux froids et inexpressifs reflétant ses pensées. Puis elle pointa le sol devant elle, lui intimant ainsi l'ordre de descendre et de se calmer. Il ne l'avait pas quitté des yeux lui non-plus, et si il continuait à jouer ainsi dans la bibliothèque, elle savait qu'elle ne parviendrait pas à se retenir. Si il obéissait rien qu'un peu maintenant, elle ne lui ferait rien, et reprendrait sûrement son sourire chaleureux, car elle savait qu'elle ne pouvait s'en empêcher devant lui. Cependant, si il n'obéissait pas...

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Lyssienn Darkaël
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MessagePosté le: 19/06/2009 23:00:57    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Si Lyssienn aimait jouer, il détestait la compagnie. Il y avait une bonne raison à cela : tous ceux qu’il avait fréquentés jusqu’alors l’avaient trahi, profitant de lui tant qu’ils trouvaient une utilité à ses dons, puis essayant de s’en débarrasser d’une façon plutôt expéditive. A force de vivre parmi des gens qui tentaient de le poignarder dans le dos à chaque seconde d’inattention, le petit hybride avait appris à toujours calculer ses moindres gestes, réfléchissant à tous ses actes, dictant froidement l’expression de son visage. Il avait perdu la spontanéité. Ou presque. Il y avait un moment entre tous où il était vulnérable, retrouvant la fraîcheur de l’enfant qu’il n’avait jamais cessé d’être, au fond de lui : après la Rédemption. Il se retrouvait alors innocent comme au premier jour, naturel, spontané, presque confiant. Pourtant, il n’était pas de ces enfants qui incarnent l’innocence et la pureté, toujours à vouloir le bien autour d’eux, à croire que l’amour et la douceur sont les clés du bonheur, et que si tout le monde était gentil, le monde serait bien plus beau. Non, l’hybride avait l’apparence délicate et fragile d’une ange tombée du ciel, mais son esprit était celui d’un démon. Il ressemblait plutôt à ces enfants qui arrachent les ailes des papillons pour voir s’ils peuvent toujours voler, où qui égorgent le chat du voisin pour le mettre dans son frigo et rire de sa surprise – car ce n’est, bien sûr, qu’une blague pour lui. Il aimait voler les jouets des petits enfants, les regarder pleurer, et leur rendre l’objet avant que les parents n’arrivent, prenant son regard le plus candide lorsqu’il leur disait qu’il ne comprenait pas les larmes du bambin. Pourtant, il lui arrivait d’avoir de ces accès de douceur, lorsqu’il appréciait quelqu’un. Il n’agissait alors avec cette personne que mû par l’unique désir de lui faire plaisir, oubliant de calculer ses actes ou de chercher partout des indices d’une trahison prochaine. Il aimait créer un sourire vrai sur ce visage particulier, voir pétiller une étincelle d’amusement dans son regard… c’était la seule raison qui le poussait alors à agir. Ça, et le besoin désespéré d’être aimé.

C’est pourquoi, lorsque Ruban Rouge sauta du balcon, les poings serrés, les yeux durs, il cessa de jouer. Elle avait été gentille avec lui, l’avait accueilli alors qu’il était couvert de sang, l’avait hébergé tandis qu’il dormait sa Rédemption, et avait même souri lorsqu’il était entré dans la grande salle. La voir ainsi, les poings serrés, luttant visiblement pour garder son calme… non, décidément, la colère était une expression qui ne lui allait pas. Elle avait un visage fait pour sourire, et pourtant, il semblait évident qu’elle n’en avait pas eu souvent l’occasion dans sa vie. Le petit hybride décida brusquement qu’il allait tout faire pour qu’elle n’ait plus jamais ces yeux brillants de colère. Oubliant tout calcul, il sauta à bas de l’étagère, déployant ces ailes pour éviter de se briser les jambes en heurtant le sol, et s’approcha de la démone avec un petit sourire d’excuse. Il se posa délicatement à côté d’elle, et se mit sur la pointe des pieds pour atteindre la joue à la peau douce de la démone et y déposer un baiser d’excuse. Puis il se pencha vers le sol lézardé, fit tourner trois fois sa bague d’argent qui ornait son majeur gauche, posa l’autre main sur la fissure et ferma les yeux.

Le pouvoir monta en lui progressivement tandis qu’il voyait les atomes constituant la matière se former dans son esprit. Il lui fallut quelques secondes pour appréhender l’étendue des dégâts, évaluer le meilleur moyen pour réparer tout ça avant de se mettre au travail. Sa concentration l’empêchait de réaliser ce qui se passait autour de lui, trop occupé à réorganiser les atomes entre eux pour reformer la matière. Il aimait voir la danse des particules dans son esprit, étonné de la facilité avec laquelle il trouvait les arrangements pour recréer cette immense toile qui constituait l’univers, trouvant intuitivement la meilleure position pour reconstituer le puzzle à l’identique. Il enserra sa boucle d’oreille verte de la main gauche et entonna une invocation dans un murmure – sa façon de conjurer les vices. C’était la deuxième fois qu’il utilisait son pouvoir, aujourd’hui, et à chaque fois, c’était pour remercier la démone. Il s’en étonna vaguement dans la toile de fond de ses pensées tout en continuant de réorganiser les atomes entre eux pour cicatriser le sol. Quand il eut finit, il se redressa, sourit de nouveau à la femme. Il était un peu fatigué, mais il savait qu’il irait mieux dans quelques instants, il s’adressa donc à Ruban Rouge d’une voix riante :

« Je ne voulais pas t’énerver, je voulais juste jouer. Mais je ne recommencerais pas, promis ! »

Le petit hybride esquissa trois pas de danse pour se détendre un peu et reprit d’un petit ton jovial :

« Je peux t’aider à faire quelque chose ? »
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MessagePosté le: 22/06/2009 21:47:29    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Toute trace de plaisir avait quitté le visage du garçon à l'arrivé fracassante de la démone. Il était rester un moment immobile sur la haute étagère, mais pas longtemps. Il sauta et, s'aidant de ses ailes, attérit en douceur sur le sol froid. Il s'approcha de la jeune femme dont le regard froid ne le quitait pas, sans pour autant bouger d'un cil. Elle restait figé, telle une statue de glace, froide et sublime. Elle attendait de voir comment allait se comporter l'hybride, se préparant au pire. Elle avait lu dans son regard le soir de son apparition qu'il n'était pas un être innocent, et qu'il lui ressemblait sur de nombreux aspects. Mais un sentiment de plus en plus fréquent lui fesait baisser sa garde inconsciement. Cette façon qu'elle avait d'être attirer de manière irrésistible par tous les enfants au regard perdu qu'elle croisait, l'envie étrange de leur procurer chaleur et réconfort, de les serrer contre elle. Mais elle ne parvenait toujours pas à identifier ce que c'était, ce qui la désorientait.
Mais là elle ne ressentait rien, seulement la froide colère que lui avait inspiré le comportement gamin et bruyant du garçon. Le petit sourir qu'il arborait ne lui fit ni chaud ni froid, le laissant s'approcher d'avantage sans réagir. Un lecteur assistait à la scène, debout un peu plus loin devant une étagère lourdement chargée. Son regard ne génait aucunement la démone, même si on pouvait y lire une empreinte de peur et d'appréhention. Il devait la connaître, et voulait assister à la punition du garçon. Elle détestait ce genre de personne, se satisfesant de la douleur d'autrui. Lyssienn s'arrêta juste en face d'elle, puis dût se dresser au maximum sur la pointe des pieds pour pouvoir déposer un doux baiser sur sa joue. Le contact des lèvres de l'hybride sur sa peau d'albâtre la surprit, mais elle ne bougea toujours pas. Etait-ce pour s'excuser? Sûrement. Aussi attendit-elle, sentant que ce n'était pas fini. Effectivement, il se pencha et posa ses mains sur le sol. Lustia ne put se retenir d'écarquiller légèrement les yeux devant le spectacle. Allait-il se prosterner pour s'excuser? Elle ne savait plus que penser.

Soudain elle sentit quelque chose de bizarre, comme une émission d'énergie. Pour elle qui en était une manipulatrice, elle pouvait facilement la ressentir par rapport aux autres. Aussi quand elle comprit qu'elle émanait du garçon, elle recula de quelques pas. Elle s'entoura d'un champ protecteur invisible à l'oeil nu, mais qui avait déjà prouvé son efficacité à de nombreuses reprises. Il bloquait toute attaque physique où énergétique, mais pas tout ce qui était mental. Cependant, son regard fût attiré, non par le garçon, mais par le sol détruit devant lui. Sous ses yeux, les fissures commencèrent progressivement à se refermer, la pierre redevenant peu à peu ce qu'elle avait été quelques instants plutôt, avant que la démone n'y dépose sa marque destructrice. Elle était captivé par ce qui se déroulait, mais elle ne rata pas le mouvement un peu plus loin dans l'allée. Le lecteur avait fait tombé son livre, le regard rivé à son tour sur Lyssienn. Sentant le regard de la démone sur lui, il la fixa à son tour. Elle y lût quelque chose qui réanima sa colère, et ce dernier dût s'en apercevoir, car il détala sans demander son reste. Le travail terminé, le garçon se redressa, chancelant un instant sous le coup d'une fatigue inconnue, et sourit à la jeune femme. Sa voix riante et cristaline résonna dans l'air, mais pas trop forte comme elle le désirait. Des excuses sincères, elle le savait. Mais des braises de colère brillaient toujours au fond d'elle. Elle comprenait un peu pourquoi ce garçon était recherché, ce qu'elle avait déduit de ses mots et de son attitude de la veille.

Son regard accrocha celui de l'enfant, et alors tout vigilance la quitta. Son bouclier énergétique vola en éclat, de même que les restes de colère en elle. On dit que les yeux sont le reflèt de l'âme, ce qui est particulièrement vrai. Tandis que le garçon attendait la réponse de la démone silencieuse, il ne tremblait pas d'un pouce, masi son regard ne disait pas la même chose. Et cela la toucha au plus profond d'elle même, ravivant l'étrange sentiment qu'elle abritait depuis quelques temps. Cédant à l'impulsion qui la secouait, elle s'avança d'un pas rapide vers le garçon, trop vite pour qu'il puisse réagir mais pas de manière effrayante. Elle ne dégageait aucune hostilité, c'était le contraire. Ses bras se levèrent et enlacèrent le garçon, l'attirant vers elle avec douceur et tendresse. Elle le serra délicatement contre elle, sa tête se calant entre ses seins généreux, et une de ses mains se mettant à lui carresser ses cheveux courts. Un bien-être naturel s'installa en elle, les mots quittant sa bouche avec un ton qu'elle ne se connaîssait pas. Une voix douce, réconfortante et calme. Une voix maternelle chargée d'amour, une voix qu'elle n'avait elle-même entendu qu'une fois dans sa vie. Et pourtant elle la reproduisait de manière identique et sincère.


-Je ne suis pas fachée, ne t'inquiète pas. Je ne t'en veux pas. Je ne t'abandonnerais pas, alors tu n'as pas à avoir peur, n'est-ce pas.

Les mots avaient jailli sans qu'elle puisse les retenir, mais elle ne sentit pas l'habituelle honte qu'elle aurait normalement ressentit. Ils venaient du plus profond d'elle, elle le savait, même si elle se demandait encore comment ils lui étaient venus. Elle baissa légèremet la tête pour regarder le garçon, maintenant son étreinte sur lui, sans toutefois l'étouffer. Si il désirait se dégager, elle ne résisterait pas. Elle continua à lui carresser sa tignasse mal coiffée, un doux et fin sourire aux lèvres.



[voilà^^. Une option : L'homme que j'ai fait te voyant et s'enfuyant, tu peux l'utiliser pour pimenter. genre il ramène les gens qui veulent t'exploiter. biz]
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MessagePosté le: 23/06/2009 09:38:53    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Lorsque Ruban Rouge s’était avancée vers lui, il avait ressentit une vague d’appréhension qui avait manqué le faire s’envoler, mais elle l’avait pris dans ses bras. Le petit hybride avait été surpris : elle avait l’air si fâchée qu’il s’attendait à une réprimande des plus sévères ! Il fut donc un peu rigide, au début, étonné de ce mouvement que même sa mère adoptive n’avait jamais eu envers lui. Un instant, la méfiance pointa le bout de son museau, mais elle le quitta bientôt tandis qu’il se détendait. Il enlaça la démone de ses bras et se laissa aller à cette étreinte quelques instants, goûtant à la douce chaleur humaine. Elle caressait doucement ses cheveux, ce qui lui donnait l’impression d’être un petit animal fragile qu’il fallait réconforter.

*C’est tellement agréable, d’être ici… pourquoi les gens ne s’enlacent-ils pas plus souvent ? Et puis, elle est tellement belle quand elle sourit…*

L’hybride leva les yeux tandis qu’elle s’adressait à lui. Elle ne l’abandonnerait pas ? Cela brisa la magie de l’instant. Il garda une expression douce et détendue, maîtrisant à la perfection l’expression de son visage comme il avait appris à le faire, esquissa même un sourire léger, mais en son fort intérieur, les questions fusèrent. Etait-ce une promesse sincère ? Voulait-elle se l’attacher pour se servir de lui, à présent qu’elle connaissait son pouvoir ? Ou étaient-ce des paroles prononcées spontanément, sur le coup de l’émotion ? Il étudia le visage doux de la démone, cherchant la vérité dans ses yeux, et se dit qu’elle pensait peut-être vraiment ce qu’elle disait. Mais même ainsi, combien de temps faudrait-il pour qu’elle découvre l’autre facette de sa personnalité ? Aimerait-elle aussi le démon en lui – être cruel et sans scrupules qui injuriait l’innocence qu’il essayait de conserver ? Il sentait au fond de lui qu’elle n’aimerait pas du tout cet enfant là. Le sang afflua d’un coup à ses joues, lui donnant la couleur délicate d’un coquelicot au matin, et il baissa les yeux en éprouvant le sentiment un peu honteux de la tromper quelque part. Il releva la tête pour lui sourire de nouveau.

« Merci. Vous êtes vraiment la personne la plus gentille que j’ai jamais rencontrée. »

Mince, il la vouvoyait ! Il n’aimait pas cette distance qu’il venait d’établir entre eux. Il décida d’y remédier en prenant un petit ton léger, quoiqu’on puisse encore sentir un profond sérieux derrière le rire.

« C’est la première fois que quelqu’un me prend dans ses bras, je ne sais pas trop comment réagir ! Je suis tout ému ! »

Il se dégagea doucement de l’étreinte de la femme en riant, sa rougeur se dissipant doucement tandis qu’il s’élevait de quelques centimètres pour être à la hauteur des yeux de la démone.

« Je peux faire quelque chose pour toi ? » , leur conversation de la veille lui revint subitement brusquement en mémoire. « Le ménage ! J’avais dit que je le ferais ! J’y vole de ce pas ! »

Il planta un bisou sur la joue de Ruban Rouge et fonça en direction de la porte blindée qui cachait les appartements, il y trouverait sûrement un plumeau. Que penserait-elle de son départ précipité ? Qu’il était un peu gêné par sa soudaine démonstration d’affection et qu’il essayait de le cacher en la fuyant ? Ou avait-elle su lire la vérité au fond de ses yeux – ce désir de sang qu’il enfouissait en lui au réveil ? Il espérait vraiment que non ; c’était la première fois qu’il rencontrait qui lui fasse confiance, il voulait être à la hauteur et lui prouver qu’elle avait raison de croire en lui. Il voulait qu’elle lui laisse cette chance de rester innocent – au moins jusqu’à la nouvelle lune – ne serait-ce que pour savoir si il devrait affronter la Rédemption s’il ne commettait aucun meurtre d’ici là.

[c’est une bonne idée que le lecteur revienne avec un groupe de durs, mais vu le caractère de Lustia, je pense qu’il va mettre quelques heures avant de trouver assez de monde pour oser s’aventurer dans la bibliothèque et troubler le calme. Je propose qu’il revienne un peu plus tard, ce sera plus logique…]
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MessagePosté le: 23/06/2009 11:43:01    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

A l'écoute de ses paroles, Lustia avait senti un infime changement chez le garçon. Quand elle l'avait enlacé, il l'avait imité quelques secondes plus tard avec un peu d'hésitation, mais elle l'avait senti se détendre jusqu'à résonne la voix de la démone. Elle avait alors senti les mains du garçon se crisper légèrement dans son dos, et son regard reflétait son trouble. Elle pouvait y lire des questions, accompagnées d'un brin d'espoir mais aussi de méfiance. Avait-il compris ce qu'elle voulait dire? Comment les avait-il interprétées?
Elle remarqua que le rouge avait envahi les joues du garçon, aussi se dernier baissa rapidement la tête, mais les releva un instant plus tard. Le petit vouvoiement qui ponctua ses remerciements lui montra qu'une distance s'était créée, sûrement des paroles de la démone. Pourquoi? Qu'est ce qui avait bien pû toucher le garçon au point qu'il s'en écarte ainsi? Cachait-il quelque chose? Lustia sentait que quelque chose était enfoui dans le garçon. Cette facette qu'elle avait aperçu le nuit dernière, cette partie de lui qui lui ressemblait. Elle s'y était vue telle qu'elle était avant et qu'elle était toujours, elle n'en doutait pas. Une tueuse sanguinère, une guerrière démoniaque, arpantant les monticules de cadavres les mains couvertes de sang. Aussi se dit-elle que le garçon était vraiment différent de la veille. Peut être voulait-il lui cacher ce côté de lui? Peut être craignait-il qu'après cette promesse étrange, elle le rejète en découvrant une autre facette de lui. Pensait-il vraiment qu'elle était si frivole, si peu sincère? Quand Lustia Von Schelle tendait sa main, elle ne la retirait jamais, dût-elle la perdre.

Les paroles qui suivirent de la part du garçon attristèrent profondément la jeune femme, car elle aussi avait vécu huit cents ans sans marques d'affection d'aucune sorte de la part de ses parents. Elle comprenait un peu la douleur que pouvait éprouver le garçon. Et c'est aussi pour cela qu'elle sentait chez lui une certaine rétissance, comme si il essayait de recouvrir la distance ouverte entre eux. Mais il se dégagea doucement, sans gestes brusques, des bras de la démone. Il s'éleva de quelques centimètres pour s'arrêter à la hauteur de la démone, leur regard au même niveau. Il lui demanda alors d'un ton naturel ce qu'il pouvait faire pour l'aider, mais avant qu'elle n'ait pû ouvrir la bouche, le visage de Lyssienn s'illumina. Il s'était sûrement rappellé leur discution de la veille, car il entreprit de faire le ménage, même si il y en avait peu à faire. La démone le fesant quotidiennement, peu de poussière avait le temps de s'accumuler sur les hautes étagères. Il lui déposa un petit bisou sur la joue, semblable au précédent, puis s'élança en direction de la porte arrière, pour aller s'équiper.
Elle avait senti le départ du garçon un peu vif. Peut être s'était-il enfui? le regard de la démone s'était fait le miroir de celui de Lyssienn, les questions se bousculant en elle. Elle n'avait pas empêché le garçon de se dégager, mais ses mains l'avaient suivi jusqu'à ce qu'elles ne puissent plus le toucher.

Se détournant du garçon qui disparaissait par la porte du fond, elle inspecta rapidement les alentours. Aucune autre personne n'avait vu l'échange, ce qui la rassurait sur quelques points. Que se passerait-il si les gens pensait qu'elle s'attendrissait? Elle ne pouvait se permettre de se montrer faible, mais elle ne rejetait pas le comportement qu'elle avait eût envers le garçon. Alors qu'elle s'apprétait à s'enfoncer dans une allée, un visage familié fît son apparition. Belial l'aperçu et se dirigea vers elle en lui fesant un salut de la main. Elle le connaissait depuis longtemps et c'était un fervant lecteur de cette bibliothèque. Aussi l'attendit-elle, un sourire frais éclairant son visage. Elle aimait bien Belial, car il était sérieux sans être toutefois dénué d'un certain humour noir.


-Bonjour Directrice. J'aurais besoin de vos lumières, si vous avez un peu de temps à m'accorder bien sûr.

La tirade du démon amusa un peu Lustia tout en l'énervant aussi. Elle n'aimait pas qu'il l'appelle "Directrice", ce qu'il fesait à chaque fois qu'elle fesait démonstration de sa force. Il avait sûrement dû la voir sauter du deuxième étage et entendre le fracas qui avait suivit. Pourtant il ne posait pas de question, ce qui était étonnant. Peut être avait-il vu l'autre gars s'enfuir en courant, et en déduire que le chanceux avait échappé au "Jugement Dernier", comme il s'amusait à l'appeller. Aussi fût-elle contente qu'il ne pose pas de question sur le petit ange qui avait plané dans la bibliothèque. La démone avait repris son visage faussement angélique, même si elle le fesait pour s'amuser.

-Bonjour à toi aussi Bélial. Serais-tu aussi pour que je te dispence un traitement de faveur?

-Non merci Lustia, se dépécha-t-il d'enchainer. Une autre fois peut être. Je vais me contenter de ton aide pour cette fois.

-Comme tu veux. Et que veux-tu justement? Travailler ici?

Lustia savait qu'il était un chercheur et historien assidu, fesant quotidiennement des recherches. Elle avait plus d'une fois essayé de le recruter, mais il s'était toujours désisté. Aussi était-ce devenu une source de plaisanterie entre eux. Un bruit derrière elle lui fît savoir que la garçon était revenu, sûrement après avoir trouvé les ustenciles nécessaires à sa tâche dans son bureau. Elle n'y préta pas plus d'attention, préférent le laisser seul à ses réflections si il en avait besoin. Si il voulait savoir quelque chose, il n'aurait qu'à venir le lui demander.

-Non merci, je n'ais pas envie de mourir jeune. Je fais juste une étude sur les guerres anciennes et je cherche tous les volumes s'y prétant. J'aurais d'ailleurs aussi des questions à te poser à ce sujet.

Le fait que la démone avait participé à un nombres incalculable de guerres n'était pas un sujet caché. On pouvait le découvrir facilement en fesant quelques recherches. Mais rares étaient les personnes à qui elle acceptait d'en parler, et Belial fesait parti de ces derniers. Elle était pour lui uen source inépuisable d'information sur les conflits qui ont fait rage ces neuf cents dernières années. Et depuis déjà un bon moment, elle s'était mise à lire divers livres, stockant une partie du savoir des livres qu'elle possedait. Mais pas n'importe lesquels. Elle lisait principalement ceux de la bibliothèque secondaire, celle fermée au reste des lecteurs. Il fallait être dans les petites faveurs de la Directrice pour pouvoir y avoir accès. Et encore si vous avez de bonne raison. Avant cela, la consulter était déjà nécessaire. Si des recherches plus approfondies étaient nécessaires, elle vous ouvrait alors la porte de la bibliothèque interdite.

-Très bien, montons au deuxième étage. Ce sera plus facile pour moi.

Elle vait d'ailleur laissé son registre en haut, l'oubliant en sautant. Elle jeta un coup d'oeil au garçon, qui s'était apparemet mis au travail. Elle s'engagea dans l'escalier qui traversait les deux niveaux, suivit du démon historien. Arrivée en haut, elle saisit son registre rouge en cuir, et le feuilleta un instant. Puis, après quelques secondes, elle le referma et se dirigea vers la balustrade, surplombant la grande salle. Ele tendit les mains devant elle et se concentra. Elle canalisa le flot d'énergie et commença son oeuvre. Deux anges qu'elle voyait fréquemment ici s'arrêtèrent de lire et sourièrent en attendant. Les personnes qui avaient déjà assisté à ce spectacle ne s'en lassaient pas. Tous les livres de la bibliothèque rangés dans les étagères furent pris de légers tremblements, attirant l'attention du reste des lecteurs, mais Lustia n'y préta pas attention. Chaque livre avait sa propre énergie, dont la nature variait en fonction des mots et sentiments que l'auteur y avait déposé en même temps que ses pensées. C'est ainsi qu'elle menait ses recherches. Elle les analysait et choisissait ceux qui correspondait le mieux à la demande du lecteur. Les livres qu'elle choisissait alors se dégagaient lentement de leur place, et s'envolaient vers la voûte du bâtiment. Ils se mirent à touner en un grand cercle au niveau de la démone, le cercle mesurant bien cinq mètres de diamètre. Il devait y avoir quelques quatre cents livres qui tournait ainsi, bien alignés les uns en faces des autres. La scène dura encore quelques secondes, puis l'opération passa dans sa phase suivante. Cela n'était que la première sélection. Maintenant, les livres venaient se placer un par un au centre de ce cercle tournant, et montait soit d'un niveau pour former un autre cercle, soit redescendait vers la grande salle et retournait à leur place respective. Le tour de magie dura encore quelques minutes, sous les yeux émerveillés des quelques spectateurs, puis il prit lentement fin. Après que la deuxième sélection se soit terminée, Lustia se tourna vers une table à côté d'elle, et les livres vinrent vers elle et se mirent à tourner autour d'elle cette fois. Il n'en restait qu'une trentaine, mais c'était toutefois impressionnant. Seul les personnes au second étage pouvait voir cela, dans ce cas Belial en face d'elle, ou toute personne s'élevant au même niveau qu'elle. La démone n'avait plus conscience de l'environnement qui l'entourait, toute son attention concentrée sur sa tâche. Les livres se déposèrent un à un en trois piles sur la table, après un troisième tri très précis, et tout cela seulement à l'énergie qu'ils dégageaient.

Elle ouvrit les yeux, où on pouvait lire une certaine fatigue passagère. Elle remarqua que Belial la fixait avec admiration, mais aussi autre chose qu'elle n'arrivait pas à identifier. Pourtant il ne s'avança pas, s'attelant à la table pour examiner les recueils qu'elle avait sélectionné.


-Comme toujours, c'est ce que je cherchais. Merci encore Lustia, tu m'as fait gagné un précieux temps.

-De rien Belial. Je vais te laisser alors.

Elle se détourna de lui et s'approcha un moment du bord du balcon et examina la situation en contre-bas.
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MessagePosté le: 23/06/2009 19:59:47    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Comme promis, Lyssienn s’était mis au ménage, époussetant les étagères pour ôter le peu de poussière qui s’y était déposé. C’était la première fois qu’il faisait le ménage, et il trouva ça amusant. En avançant dans les rayons, il finit par se retrouver non loin de Ruban Rouge qui l’ignora superbement tandis qu’elle discutait avec un démon. Le petit hybride en fut soulagé ; il ne voulait pas expliquer sa subite envie de tout dépoussiérer à la femme. A la place, il se concentra sur le ballet du plumeau sous ses yeux, traquant impitoyablement la moindre particule de salissure qui aurait osé se prélasser là. Il voletait au sommet d’une étagère lorsque les livres se rebiffèrent. Certains décidèrent brusquement que les rayons n’étaient pas assez bien pour eux, et prirent la voix des airs avec une terrible soif de liberté. Le petit hybride se mit à paniquer : il était donc si nul que les livres refusaient son contact ? Il lança de grands yeux tout autour de lui en priant que personne ne se rendrait compte de sa bévue, lorsqu’il avisa la démone au balcon, les yeux fermés, les mains tendues…les livres faisaient la ronde au milieu des airs, certains s’élevant un peu plus pour former une autre ronde… Lyssienn trouva ce jeu très intéressant et voleta plus haut pour se mettre à leur niveau. Il se doutait que c’était dangereux de s’approcher trop, ne connaissant pas vraiment la nature du pouvoir agissant, mais il s’amusa à tourner autour des livres pour voir les titres. Lorsque les rares élus se dirigèrent vers une table du balcon, l’hybride les suivi et vint se poser sur la balustrade, comme un funambule ailé. Il assista dernier tri et trouva soudain que le démon qui accompagnait Ruban Rouge avait un très sale regard. Il n’aima pas du tout l’expression de son visage tandis qu’il fixait la femme.

« Comme toujours, c'est ce que je cherchais. Merci encore Lustia, tu m'as fait gagné un précieux temps. »

*Lustia ? C’est un joli nom… mais ça ne lui va pas. Ou alors, elle cache bien son jeu. Non, je ne veux pas que ça lui aille, comme nom.*

Le petit hybride cessa de s’interroger tandis qu’elle ouvrait les yeux, et il fit un triple salto arrière pour se reposer en douceur sur le sommet d’une étagère, déployant ses ailes au dernier instant. Il avait envi de chanter, mais il ne devait pas faire de bruit. A la place, il esquissa quelques pas de danse en sautant d’une étagère à l’autre, passant son plumeau rapidement sur les livres pour nettoyer plus aisément. Il surveillait le démon du coin de l’œil – Belial. Celui-ci avait pris les livres et s’était éloigné d’un pas rapide, jetant de temps en temps un regard obscur à la démone, comme s’il réfléchissait à ce qu’il devait faire à présent. Lyssienn trouvait ça plutôt agaçant, et malpoli, surtout. Il décida de vérifier ce dont il retournait. Il se reposa au sol dans une allée déserte, rangea ses ailes et entreprit ce qu’il appelait une transformation. Il utilisa son pouvoir pour changer son apparence, cela ne lui prenant que quelques minutes, à force d’habitude : il transforma la robe qu’il portait en une jupe et un top très tendance, se confectionnant aussi une écharpe qu’il enroula autour de son cou comme un cache-nez. Il réussi à trouver juste assez de tissu pour se fabriquer un béret qu’il enfonça profondément sur ses oreilles. Ainsi déguisé, il sortit du rayon, semblant brusquement une petite écolière enrhumée, tout de blanc vêtue – il n’avait pas le temps de jouer avec les couleurs – et suivit Belial d’un pas silencieux. Il avait réalisé ce numéro un nombre incalculable de fois, et il savait pertinemment que ça finissait toujours de la même manière : dans un bain de sang. Mais c’était pour protéger Ruban Rouge qu’il faisait ça, pas pour enrichir sa fausse mère ! Et puis, rien n’indiquait qu’il devrait tuer l’homme…

Il suivit le démon dans la rue, espérant que la femme comprendrait qu’il n’essayait pas de s’enfuir, qu’il reviendrait dès qu’il aurait vérifié ce dont il s’agissait. Il fila donc l’homme aux livres comme une ombre blanche, mais celui-ci ne sembla s’apercevoir de rien. Après quelques minutes, ils se glissèrent dans une ruelle sombre, où un autre homme se tenait, lui aussi avait un regard torve. Le petit hybride utilisa ses ailes comme couverture pour se fondre dans les ombres qui l’entouraient, et put s’approcher des deux hommes sans que ceux-ci ne le voient. *ils ne sont vraiment pas observateurs, eux, alors !* Lyssienn se sentait sourire, mais réprima un rire mauvais qui lui montait aux lèvres tandis qu’il écoutait la conversation des deux créatures.

«… depuis l’arrivée de cette gamine. » disait l’inconnu.
« Elle s’est ramollie, c’est sûr ! Si on prévient sa famille, on aura sûrement une bonne récompense ! Ca fait un moment qu’ils se demandent comment se débarrasser d’elle… »
« Alors on fait quoi ? On les prévient d’abord où on la leur amène sur un plateau ? »
« Hehe… on gagnerait une fortune, si on l’amenait elle. Mais elle maîtrise trop bien son pouvoir pour ça… Je viens de le voir à l’instant. »
dit Belial avec une pointe de sadisme dans la voix. « On pourrait aussi la tuer… Il existe forcément quelqu’un qui a un pouvoir suffisamment puissant pour la mettre en échec… »

Lyssienn n’aimait pas du tout le ton de l’homme, cela impliquait qu’il connaissait sûrement la personne en question. Pourtant, l’hybride sût qu’il n’en parlerait pas plus avant, et décida qu’il valait mieux éviter que la personne en question n’apprenne leur plan et accepte d’y participer. Il se réjouissait d’avance au délicieux goûté qui l’attendait, et glissa la langue sur les lèvres par anticipation. Il ignorait tout du pouvoir des deux hommes, mais peu lui importait, il allait juste les tuer, comme tous les autres… Il attendit quelques instants, puis sauta dans le dos de l’inconnu – le plus proche – et lui trancha la jugulaire du bout des griffes avec une précision chirurgicale. Il laissa tomber le corps inerte et bondit à la gorge du second, plantant ses crocs dans son cou chaud, sentant les veines palpiter sous sa langue. Le sang inonda sa bouche tandis que le démon tentait de crier, mais il lui arracha la gorge d’un mouvement brutal de la tête. Les cordes vocales partirent avec. Le démon – Belial – le regardait de ses yeux immenses, incrédule, essayant de lutter pour trouver son pouvoir, ne comprenant pas qu’il était déjà mort. Et Lyssienn n’attendit pas qu’il comprenne pour lui sauter dessus et boire avidement le sang qui coulait à flots de son cou. Il pensa vaguement à Ruban Rouge, se sentant un peu honteux d’avoir si vite brisé cette promesse qu’il s’était faite de rester innocent jusqu’à la prochaine nouvelle lune, mais c’était pour la protéger ! Il pouvait bien tuer ces deux traîtres si c’était pour empêcher qu’ils tuent la seule personne qui avait vraiment été gentille avec lui ! Elle pourrait comprendre ça, non ? Il ne les aurait jamais attaqués s’ils n’avaient pas parlé d’elle de la sorte ! De rage, il arracha la mandibule du cadavre. Le visage le fixait de ses yeux vitreux, la langue pendante, accusateur, grotesque. Il lui creva les yeux et se releva. Sa tenue était de nouveau couverte de sang. Il décida que ce n’était pas très présentable, et transforma tout ça en eau. Puis il changea les deux morts en cendres et reprit le chemin de la bibliothèque d’un pas tranquille. Il reprendrait son apparence normale dans une autre ruelle, pour éviter les soupçons des éventuels observateurs.
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Lustia Von Schelle
Démon

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MessagePosté le: 24/06/2009 14:22:10    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Quand la démone avait regarder dans la grande salle, elle avait aperçu le garçon passer d'étagère en étagère, nettoyant rapidement les quelques livres où la poussière avait décidé de se fixer. Il continua ainsi son manège, ce qui fit esquisser un léger sourire sur le visage de la jeune femme. Il s'investissait pleinement dans ce qu'il fesait, ce qui lui plaisait. Elle se tourna pour se diriger vers l'escalier quand elle vit que le démon historien avait disparu avec quelques livres. Les avait-il emporté pour les lire ailleurs? Ce n'était pourtant pas son genre. Enfin, c'est ce que pensait la démone. Un livre était tombé sur le sol, ce qui lui fit perdre le petit sourire naissant. Traiter ainsi les livres ne ressemblait pas à la manière de Bélial. D'un geste du doigt, le livre s'éleva dans les airs et vint se poser dans sa main tendue. Elle le dépoussiéra un peu puis le reposa sur la pile agencée sur la table en bois.
Soudain elle sentit une sensation étrange émaner de la grande salle. Une sensation qu'elle avait déjà senti il n'y avait pas longtemps. C'était quand Lyssienn utilisait son pouvoir, il dégageait une énergie qu'elle pouvait facilement reconnaître. Elle s'approcha discrètement du bord, restant dans l'ombre d'une colonne pour observer. Elle aperçu le petit garçon, enfin même si il ressemblait maintenant à une petit fille drôlement vêtue, qui se déplaçait d'allée en allée comme si il filait quelqu'un. Un peu plus loin, une personne se déplaçant d'un pas vif pour un tel endroit attira à son tour son attention. Bélial. Ca ne fesait aucun doute pour la démone. De plus, il ne portait aucun livre maintenant. De plus en plus bizarre. Lustia fit demi-tour et s'élança vers les escaliers d'un pas léger et rapide. Un peu plus bas, elle découvrit les livres posés sur les marches.


*Mais qu'est ce qu'il se passe ici? Ils ont quoi tous en ce moment?*

Un geste de la main, et la pile de livre la suivit tandis qu'elle continuait de descendre les marches. Plus elle progressait, moins elle fesait de bruit, ses vieux réflexes s'éveillant petit à petit. Arrivée en bas des escaliers, elle n'était plus qu'une ombre. Elle eût juste le temps de voir Lyssienn passer la porte en sortant de la bibliothèque. Elle devait se dépécher. Elle accéléra son pas, pendant que les livres se posaient sur une table. Alors qu'elle se dirigeait vers la sortie, un ange sortit de derrière une étagère juste avant la porte. Galaél, juste au bond moment. La démone prononça son nom tout bas tout en s'approchant de lui sans freiner, et comme elle s'y attendait, il leva immédiatement la tête, son visage radieux souriant. Un vrai ange, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Elle lui adressa rapidement la parole alors qu'elle passait à côté de lui sans s'arrêter.

-Je te confis le domaine un moment.

-Oki Princesse.

Même si il arborait un visage riant et chaleureux, le ton de l'ange avait été très sérieux. Ils se connaissaient très bien, et l'ange savait tout de suite quand la démone était sérieuse ou non. Ils se fréquentaient depuis bientôt deux cents ans, de façon purement amicale. Ils s'étaient rencontrés sur un champ de bataille, s'élevant l'un contre l'autre, et l'ange s'était montré assez bon pour résister pendant quelques minutes à la démone, ce qui lui avait valu le respect de cette dernière. Il était pour l'intant l'unique individu à avoir affronté en face à face cette légénde de la guerre et en être ressorti vivant. Aussi cela avait tissé un lien entre eux qui s'était renforcé dès la fin de la guerre. Ils se fesait mutuellement confiance, ce qui était drôle dans un certains sens pour d'anciens ennemis. Mais voilà, le destin réserve parfois de drôle de surprise.
Lustia passa la grande porte et se figea instantanément dans l'ombre du bâtiment. Elle vit un peu plus loin Lyssienn passer d'ombre en ombre tout en suivant un Bélial vraiment pressé dans une longue ruelle. Le gamin était vraiment bon, mais il était trop concentré sur sa cible et ne fesait pas vraiment attention à ce qui l'entourait. La démone n'eût donc aucune difficulté à le suivre sans dévoiler sa présence. De plus les vêtements du garçon efféminé étaient très voyant pour une personne aussi attentive que la jeune femme. Elle se demandait d'ailleurs comment elle avait pû penser le perdre de vue au moment où il était sorti. Ses vêtements à elle, noir à l'extrême, absorbait bien la lumière, ce qui l'aidait à se fondre dans le décors. La filature dura quelques minutes, même si c'était une promenade de santé pour elle. Soudain, Bélial tourna dans une ruelle assez sombre, l'hybride le suivant tout en déployant ses ailes ténébreuses autour de lui pour se fondre d'avantage dans les ombres. Ce que ça pouvait être encombrant des ailes. Ce n'était pas fait pour la discretion, mais le petit avait eût une bonne idée de les utiliser ainsi, surtout après s'être vêtu de vêtements aussi voyant. Lustia, quand à elle, s'éleva d'un bond et s'accrocha à un balcon. Elle grimpa rapidement jusqu'au toi et se glissa rapidement au bord pour observer ce qu'il se passait dans la ruelle, tout en fesant attention à ne pas projeter d'ombre. Bélial avait rejoint un autre homme tandis que Lyssienne s'était immobilisé à quelques mètres d'eux. Leurs paroles parvinrent à Lustia, même si elle en avait manqué une partie.


-Alors on fait quoi ? On les prévient d’abord où on la leur amène sur un plateau ?

-Hehe… on gagnerait une fortune, si on l’amenait elle. Mais elle maîtrise trop bien son pouvoir pour ça… Je viens de le voir à l’instant. dit Belial avec une pointe de sadisme dans la voix. On pourrait aussi la tuer… Il existe forcément quelqu’un qui a un pouvoir suffisamment puissant pour la mettre en échec…

*Intéressante conversation... Alors comme ça Bélial veux ma tête. Ahahah! Morte de rire! Mais bon, le fait que ma famille veuille m'évincer n'est pas un secret, mais de là à penser que...*

Ses pensées furent brusquement stopées par l'entrée en scène du garçon, toutes griffes dehors. Tout se déroula très vite, et elle comprit pourquoi elle avait senti que le gamin lui ressemblait. Comme elle, il aimait le sang, même si elle ne le buvait plus depuis longtemps. Elle avait aussi eût cette pulsion, mais pas au même niveau. Elle kiffait lécher le sang qui recouvrait ses mains et son visage alors qu'elle massacrait les malheureux à mains nues. Mais là, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi le gamin avait fait ça. Peut être pensait-il avoir une dette envers la démone, même si apparement il prenait plaisir à l'ouvrage. En voyant le sang couler ainsi à flot, et le garçon se régalant manifestement, quelque chose en elle se mit à pulser. Elle pensait ne plus jamais le ressentir, mais une telle débauche d'extase sanglante sous ses yeux ne pouvait pas la laisser indifférente. L'envie de sentir le sang glisser sur sa peau fît surface l'excitait de plus en plus. C'était comme si ses nerfs étaient à vifs, son corps brûlant de désir. L'odeur et la vue de la flaque rouge qui se formait en contre-bas semblaient l'appeller, lui promettant un plaisir infini. Mais elle sentit tout à coup quelque chose de bizarre sur son bras gauche. Ca l'enserrait et la retenait, comme des chaînes chauffées à blanc. Le ruban rouge y était toujours ficellé, une pureté au milieu de tant d'obscurité. C'est la vue de ce talismant qui la rappella à la raison, lui fesant reprendre immédiatement le contrôle de son esprit. La chaleur débordante qui parcourait son corps se refroidit peu à peu, pour revenir à la normale.

Sa concentration retrouvée, son regard se riva de lui même sur le bout de la ruelle sombre, tandis que Lyssienn réduisait les cadavres en cendre après son régal. Une ombre bougea, s'enfuyant dans une autre rue. Paut être un simple passant, mais Lustia en doutait. La possibilité d'un complice était plus problable, aussi se dit-elle de rester sur ses gardes. En reposant son regard sur le garçon qui se nettoyait et changeait de vêtements. Son pouvoir était vraiment étrange, car la démone ne pouvait en définir les caractéristiques, mais ce n'était pas son principal sujet d'inquiétude. Elle allait encore devoir faire le pied de grue devant la porte de la grande bibliothèque au cas où certaines personnes se ramenaient. Elle ne voulait pas de grabuge dans son sanctuaire, sinon elle ne répondait plus d'elle.
Elle suivit le garçon depuis les toits, admirant son petit manège pour ne pas se faire remarquer. Il avait l'habitude, elle pouvait le voir, même si il n'était pas un professionnel. Ses techniques de combat étaient trop barbare, sans aucune finesse. Une bête, c'est comme ça qu'on avait dû l'élever, et c'est ce qui attristait la démone au plus haut point. Devoir à son âge, encore si jeune, tuer pour d'autres personnes, cela la dégoutait. Car elle avait été pareille, élevée pour se battre, transformée en une machine à tuer sans aucun sentiment ni aucune émotion. C'est le chemin qu'elle avait suivit pendant près de huit cents cinquantes ans, et elle en était enfin sortit à la fin de la guerre, mais à quel prix. Ayant assez trainer, elle bondit de maison en maison, tel un fauve, avec une grâce et une agilité surhumaine, aidée de son pouvoir pour renforcer son corps aux impacts. Elle devança facilement le garçon qui avançait lentement, et arriva avant lui à la bibliothèque. A la suite d'un saut périlleux, elle attérit au bas des marches sous les yeux hébaillis de quelques passants. Elle grimpa les vingt-deux marches tranquillement, et sourit à l'ange qui sortait par la grande porte, le visage rayonnant. Toutefois, elle ne rentra pas dans le bâtiment, s'adossant à une des demi-colonne sculptées dans le mur de pierre grise. Galaél se tint à côté d'elle d'un air détendu, regardant la paysage matinale.


-Alors, problème réglé? C'est rare de te voir active de si bon matin.

-Je sais, mais ça à pas mal bougé depuis hier soir. Un gamin perdu qui vient me demander asil. Bélial qui se la joue chasseur de prime, et en récolte les lauriés. mais le plus chiant est que je risque de recevoir de la visite dans pas très longtemps... peut être. Des contrôleurs si tu vois ce que je veux dire.

-Ah oui. Je me disais aussi que ça fesait un moment que je ne t'avais pas vu danser. Si tu as besoin d'un partenaire, je veux bien me proposer.

-Pas pour l'instant, merci. Tu sais bien que je préfère danser seule au milieu de la foule.

-Ouais je sais. Mais j'adore tellement le faire avec toi, tu t'accorde parfaitement à mes pas de danse.

-On verra le nombre de danceur qui souhaiterons se joindre à la représentation. J'ai hâte. Sinon, pourrais-tu veiller sur ma chère bibliothèque, qu'aucun de ces bados ne puisse y poser les pieds. Et si tu pouvais aussi t'occuper du gamin que je vais te présenter, juste pour l'occuper.

-Pour ton sanctuaire, pas de problème chère Lustia Von Schelle. Pour le gamin c'est une autre histoire. Ca dépendra aussi de lui. C'est celui que j'ai vu tout à l'heure, qui fesait un semblant de ménage. C'est le tien?

Le rouge monta instantanément aux joues de la démone, et elle lança un regard de surprise alarmante à son amis. Elle ne s'était pas attendue à une telle allusion, et elle ne savait plus où se mettre.

-Bien sûr que non! Je n'ai jamais eût de.... Regarde ce que tu me fais dire! Raaahhhh! Sale emplumé, encore une fois ce genre de question et je te fais rotir!

Les pommettes en feu, Lustia tourna la tête pour échapper au regard hilarant de l'ange, qui levait les mains en l'air en signe de rédition, et ses yeux tombèrent justement sur Lyssienn qui arrivait en bas des marches. Jamais elle n'avait envisagée d'avoir d'enfant, même si bizarrement elle commençait à ressentir de plus en plus l'envie d'en voir. De toute façon, elle n'avait jamais eût de relation avec un homme, les rares personnes par qui elle était attirée étaient des femmes. Elle ne s'entendait pas vraiment bien avec le sexe opposé d'habitude, même si Galaél était une execption. Elle ne le voyait pas vraiment comme un homme, mais plutôt comme un compagnon d'arme, ce qui désespérait ce dernier qui lui avait déjà fait des avances, sans succès. Ce sujet la mettais mal à l'aise. Lyssienn montait alors les escaliers vers eux.

-Tiens, cette jeune fille me rappelle quelqu'un. Rien qu'en la regardant, je pense à toi. Je me demande pourquoi?

-C'est parce que tu saute sur tout ce qui bouge, voilà pourquoi, enchaîna Lustia sans lui laisser le temps de répliquer. D'ailleurs c'est pas une fille mais justement le gamin dont je veux que tu t'occupe un moment. Viens je vais te présenter.

Lustia se décola du mur froid et avança vers le garçon, un sourire chaleureux naissant sur ses lèvres, mais dans ses yeux on pouvait y apercevoir de la tristesse. Les souvenirs de la scène qui avait eût lieu quelques minutes plutôt lui revenait en mémoire.

-Lyssienn. J'aimerais te présenter un ami. Galaél Filas. Il va te tenir compagnie un moment, le temps que je prenne un peu l'air. Et j'aimerais que tu reste à l'intérieur jusqu'à qu je sois sûr que tout va bien. Ton petit numéro dans l'allée était gentil de ta part, mais tu en as loupé un. Et de toute façon ça me rend triste de te voir faire ça, alors s'il te plaît reste à l'intérieur jusqu'à être sûr que ça c'est calmé.

Les derniers mots avaient été lourds, et des marques d'inquiétude avaient voilé le regard de la démone. Elle était vraiment triste d'avoir vu le garçon réaliser ce qui aurait dû lui revenir. Et elle ne voulait plus le voir ainsi couvert du sang d'autrui. Ce n'était pas le rôle des enfant. Elle adressa un sourire à l'ange, mais se retourna vers le garçon.

-Et je m'appelle Lustia Von Schelle. Je crois que je ne te l'avais pas encore dit.
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Lyssienn Darkaël
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MessagePosté le: 24/06/2009 16:47:49    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE] Répondre en citant

Lorsqu’il atteignit enfin la bibliothèque, la démone parlait avec un ange, l’attendant, de toute évidence. Il effaça toute émotion de son visage pour ne pas la laisser deviner ce qui était arrivé, et monta les marches calmement, comme s’il venait juste de faire une petite promenade au soleil. L’ange le prit pour une fille, comme la plupart des inconnus qu’il avait croisé jusqu’alors – la jupe y était sûrement pour quelque chose – et la femme fit les présentations. Lyssienn comprit qu’elle savait ce qui s’était déroulé rien qu’à l’expression de son visage : pourquoi aurait-elle été triste, sinon ? D’ailleurs, elle ne le lui cacha pas : quel intérêt de faire semblant de l’ignorer ? Il décida que ça ne servait à rien de jouer l’amnésie, cela ne ferait qu’énerver la démone encore une fois. Elle lui demanda même de se terrer dans la bibliothèque comme un rat peureux et de la laisser prendre en main le reste des opérations.

« Et je m'appelle Lustia Von Schelle. Je crois que je ne te l'avais pas encore dit. »

Il sourit à ce nom, un sourire involontaire et fatigué, un peu froid aussi ; le genre de sourire que ferait un soldat à qui on présenterait son nouveau né au retour de la guerre.

« C’est un nom qui ne vous va pas du tout… Je n’ai pas particulièrement envi de m’enfermer lâchement et vous laisser seule au devant des ennuis. Vous ne voulez pas que je reste avec vous, plutôt ? »

Il avait de nouveau remis de la distance entre eux, ce vouvoiement qu’il n’arrivait pas tout à fait à maîtriser. Il se tut un instant pour permettre à la femme de répondre, mais il lui suffisait de lire dans ses yeux pour voir qu’elle ne voulait pas qu’il se mêle de cette histoire plus avant. Il se tourna donc vers l’ange pour le saluer poliment.

« Je suis enchanté de faire votre connaissance, Galaél. Je serais heureux de passer ces quelques heures avec vous, en attendant le retour de Rub… de Lustia. »

Même si son ton était irréprochable et qu’il affichait un sourire poli, le reste de son visage était totalement dépourvu d’expression. Il fixa un instant l’ange dans les yeux tandis qu’il lui serrait la main, puis il se tourna vers la démone.

« Je resterais ici aussi longtemps que tout ira bien. Mais si jamais il y a un problème… je doute fortement de rester sagement assis en attendant votre retour. »


Voilà, c’était dit. Tout ce sérieux lui tapa brusquement sur les nerfs, il redevint tout à coup un gamin et jeta ses bras autour du cou de Ruban Rouge, et se serra très fort contre elle.

« Fais attention ! Je veux que tu reviennes en bon état ! Et puis, il faudra que tu me montres comment tu fais danser les livres ! »

Il prit ensuite son envol pour faire une pirouette dans les airs et en agitant les bras dans tous les sens – il devait avoir l’air d’une folle ! Cela le fit rire, et il aurait continué si Galaél n’était pas venu le rejoindre pour l’emmener dans la bibliothèque. L’ange s’assit au bureau situé à côté de l’entrée pour mieux surveiller les personnes qui passaient tandis que Lyssienn survolait les rayons à la recherche d’un client à l’air louche. Il n’en trouva pas, décida que c’était très dommage, parce qu’il s’ennuyait, et choisit de réfléchir à la situation. Il s’était u peu précipité à tuer ces deux hommes, il aurait peut-être mieux fait de les laisser partir et d’aller rapporter les propos à Ruban Rouge… Qu’avait-elle dit, déjà ? Il en avait raté un ? Ca ne lui ressemblait pas… Il faisait ça depuis toujours, comment avait-il pu omettre un détail si important ? Mais en même temps, il avait agit sur un coup de tête, sans rien planifier. Ça non plus, ce n’était pas sa méthode. Il n’avait même pas prit le temps de les tuer proprement. Il en éprouva une pointe de déception : pour lui, tuer était devenu une sorte d’art, ça se faisait avec style. D’ailleurs, il ne parlait jamais de meurtres ou de tuerie, quand il désignait cette activité, il parlait de jeu ; il ne disait pas « j’ai tué quelqu’un » mais « j’ai goûté »… enfin, cela n’avait plus aucune importance, à présent. Il avait fait ça n’importe comment, et attiré des ennuis à la gentille dame. D’ailleurs, l’ange le regardait depuis un moment, déjà, et Lyssienn décida d’aller lui poser quelques questions.

« Dis, Galaél, tu la connais depuis longtemps, Lustia ? Tu l’as rencontrée comment ? Vous êtes amoureux ? Tu fais quoi dans la vie ? Tu penses qu’elle va s’en sortir ? Elle est allée où, en fait ? Et c’est quoi le problème avec sa famille ? Et… »

« Oulalà ! Mais c’est que tu es bavard, toi ! Tu ne respires donc jamais ? »

L’ange eut un petit rire cristallin et fit signe à l’hybride de s’assoir à côté de lui pour ne pas avoir à parler trop fort. Il lui raconta alors comment il avait rencontré Lustia pendant la guerre, décrivant leur combat après que Lyssienn ai longuement insisté, et lui expliqua comment ils étaient devenus amis après, à force de respect mutuel. Il parla ensuite des Von Schelle sans entrer dans le détail, expliquant les caractéristiques majeures de cette famille de démons et leurs rôles pendant la guerre, mais il n’éclaircit pas vraiment leur désir d’éliminer la femme. Peut-être ne voulait-il pas en dire trop, au cas où Lustia ne voulait pas que l’hybride soit mis au courant ? Cela énerva le gamin, qui n’obtint pas de réponse malgré une insistance lourde sur ce point. Il se vexa et décida d’aller bouder. L’ange était méchant, décréta-t-il, et il s’envola pour chercher une issue qui lui permettrait de rejoindre l’extérieur sans que Galaél ne s’en aperçoive. Il avait beau tourner comme un oiseau en cage, il ne trouvait pas de soupirail assez grand pour le laisser passer : cet endroit était un véritable coffre-fort ! Il commença de s’énerver vraiment.

Quelques dizaines de mètres plus bas, Galaél s’était levé pour parler avec un homme qui essayait d’entrer dans le bâtiment. Il regardait Lyssienn avec une insistance malsaine qui acheva de mettre l’hybride en boule. Il descendit en piqué pour se poser juste devant l’homme et le fixa intensément – c’était l’homme qui avait fuit lorsque Lustia avait défoncé le sol. Si les regards avaient pu tuer, l’homme serait déjà mort trois fois.

« Lyssienn, tu veux bien finir le ménage, s’il te plait ? » intervint l’ange fermement.

« Non, je veux savoir pourquoi il me regarde comme ça. Je ne suis pas une bête de cirque. »

L’étranger rit sadiquement et désigna les fers que l’enfant portait toujours aux poignets.

« Vraiment ? Tu es un esclave, ce n’est pas beaucoup mieux ! Et tu m’as drôlement l’air d’être en fuite, si tu veux savoir. Ca tombe bien, j’ai besoin d’un esclave pas cher, et ton pouvoir m’intéresse. A partir de maintenant, tu es à moi. »

Lyssienn enrageait, il s’apprêtait à gifler l’homme lorsque Galaél attrapa son bras et le retint fermement en s’adressant à l’autre avec aplomb.

« Ce n’est pas possible. Il est déjà à moi. Maintenant, va faire le ménage, comme je te l’ai demandé. »

Lyssienn comprenait très bien ce que l’ange faisait, mais ça ne lui plaisait pas pour autant. Il se dégagea de son emprise et parti en leur jetant un regard mauvais. Il s’envola jusqu’au balcon, se posa sur la balustrade et fixa les deux hommes en silence. Si jamais l’inconnu faisait le moindre geste qui pourrait montrer qu’il cherchait à utiliser son pouvoir, Lyssienn lui tomberait dessus comme un faucon affamé et le transformerait en charpie. Ca lui apprendrait à réclamer un esclave.
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MessagePosté le: 22/09/2018 02:11:32    Sujet du message: Soirée sous les Lumières du Savoir... [LIBRE]

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